Aveuglement

« Il n’est pire sourd que celui qui ne veut entendre ». Maxime morale.

Décidément, Emmanuel Macron refuse d’écouter ce que ses partenaires ont à lui dire. Il collectionne les impairs et pousse le mépris jusqu’à refuser de se repentir et de rectifier son attitude. Il s’illustre par son inélégance et ses propos peu cavaliers en direction de l’Afrique. De la plaisanterie de mauvais goût pour rire aux dépends du président burkinabè Kabore, en 2017, à l’insulte franche à l’encontre des femmes africaines qu’il a assimilé à des poules pondeuses sous-éduquées, en 2018, puis aujourd’hui à l’ingérence et aux atteintes à l’histoire et la mémoire de l’Algérie et du Mali. Macron est devenu la caricature même de l’esprit néocolonial profondément ancré dans les arcanes du pouvoir français.

Des « erreurs », à défaut de dire « horreurs », que Macron assume pleinement. Et pour cause ! Hier, il organisait un forum France-Afrique auquel il a « convié 3.000 jeunes de la société civile », pour discuter d’histoire, de mémoire et de démocratie. L’intention était on ne peut plus claire : imposer « un droit d’ingérence » et faire un pied de nez aux dirigeants africains, qu’il a décidé de substituer par une société civile soumise au processus d’aliénation ONGiste. 3.000 jeunes dont la représentativité est plus que douteuse et qui n’ont fait le déplacement à Paris que pour parler de visas et d’immigration. C’est dire l’image que cet échantillon choisi pour représenter l’Afrique donne des préoccupations des africains et qui sont loin d’être ancrées dans la réalité. Celle du sursaut de dignité des peuples africains et que le président français a choisi d’ignorer. Certains tentent de justifier son attitude par l’ivresse de la jeunesse. À vrai dire Emmanuel Macron est pris de fièvre électorale. Il est aveuglé et refuse de voir l’évidence. L’ère de la France-Afrique est révolue et s’il espère encore compter sur quelques partenariats, il faudra vite changer d’attitude et traiter avec des États africains indépendants, avec leurs structures et leurs institutions, en tant que telles.

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