Crime et châtiment

« La situation devient sérieuse lorsque l’entreprise n’est plus qu’une bulle d’air dans le tourbillon spéculatif. » John Maynard Keynes.

De lourdes sanctions seront désormais imposées contre les spéculateurs. Ceux qui s’amuseront à jouer avec les ressorts du marché vont désormais risquer des peines de prison qui peuvent aller jusqu’à la perpétuité. Certains trouveront, bien sûr, le moyen de considérer que  la sanction est démesurée. Et pourtant ce n’est pas le cas. Car l’organisation de pénurie et la propagation de rumeurs dans le seul objectif de créer la panique sur le marché et faire monter les prix est un crime. Un crime contre la société d’abord. Car, les spéculateurs font tout pour vampiriser les ménages dans un seul objectif : l’enrichissement personnel. Un enrichissement rapide et injustifié.

C’est aussi et surtout un crime économique. Car, la spéculation impose des conditions de marché viciées en faveur de parasites qui s’assurent des profits obscènes au détriment des consommateurs, mais aussi et surtout aux dépends des véritables créateurs de richesses, les agriculteurs et les industriels. Des producteurs soumis au diktat de pratiques déloyales qui dévoient le fruit de leur labeur. Une valeur ajoutée, détournée, qui ne profite pas non plus au budget de l’État et donc aux contribuables.

La spéculation a surtout pris une dimension inédite au cours des derniers mois. Elle ne poursuit plus l’unique but de l’enrichissement illicite. La spéculation, l’inflation et les pénuries organisées, poursuivent aujourd’hui un objectif politique : celui de la déstabilisation sociale. Le néo-hirak dévié, en mal d’arguments politiques, a échoué. On veut aujourd’hui en faire un néo-hirak social. La forme change, mais l’objectif est le même : semer le chaos. C’est en ce sens que les sanctions imposées aujourd’hui sont justifiées. Il n’en demeure pas moins qu’au-delà des sanctions, la lutte contre toutes ces pratiques imposées par le règne de la Issaba a aussi besoin d’une démarche globale qui s’appuie sur la capacité de débusquer absolument toutes les niches d’enrichissement illicite. Pour cela, il n’y a qu’une seule voie : le fisc doit définitivement jouer son rôle et sévir.

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