Liberté et responsabilité

“Les médias représentent la plus grande puissance de notre société contemporaine.” David Lodge, critique et écrivain anglais.

Nous venons de célébrer la Journée nationale de la presse. C’est une nouvelle occasion de se pencher sur la situation du secteur des médias dans notre pays, sur le rôle qu’ils jouent ainsi que sur les défis qu’ils doivent encore relever. C’est toujours les mêmes interrogations qui se posent. Il est vrai que le paysage médiatique algérien recense plus de 140 médias électroniques, plus d’une centaine de titres de presse écrite et des dizaines de chaines de télévision publiques et privées. Une question demeure toutefois : Les médias représentent-ils cette force, ce quatrième pouvoir capable de peser et d’éclairer l’opinion publique ?

Une question qui mérite que l’on s’attarde dessus lorsqu’on fait le constat de la sensibilité de l’opinion publique nationale aux réseaux sociaux et aux fake news qui émanent de la multitude de sites fantômes, des médias mainstream et des dizaines de youtubeurs financés par des pays hostiles à l’Algérie. 

Il est vrai que la désinformation représente aujourd’hui un défi pour tous les pays et toutes les sociétés. Mais elle est encore plus pour nous, au regard des menaces qui pèsent sur notre pays. C’est en ce sens que les médias, quelle qu’en soit la forme, ont un rôle défensif et proactif majeur. C’est le principal bouclier et l’arme majeure dont dispose une nation dans les guerres du 21e siècle. C’est ainsi que l’approche envers les médias ne doit plus seulement se limiter à la liberté, mais doit aussi prendre en considération la responsabilité. 

Les réformes actuelles qui touchent le secteur visent ainsi le double objectif de consolider les bases du libre exercice de la profession de journaliste, mais aussi l’assainissement du secteur des pratiques anti-professionnelles et des intrus. 

Mais les médias ont une responsabilité qu’ils devront assumer et des défis qu’ils devront relever. D’abord, celui de la professionnalisation et de la modernisation. Modernisation dans la gestion, mais aussi dans la façon dont on conçoit la presse et le métier de journaliste. Le virage numérique est à cet effet une étape de cette modernisation. La refonte de l’écriture journalistique est nécessaire et la perception de l’opinion publique envers l’information a changé. Il faudra s’y adapter. D’où l’attention particulière qu’il faudra accorder à la formation des journalistes. La vérification des faits est l’une des bases du journalisme qui se perd aujourd’hui, face à la pression du buzz imposée par les nouveaux médias. Un retour aux sources seraient en ce sens salutaire. Il faudra aussi revoir la manière dont en fait du journalisme. Passer de ce qu’on appelait le journalisme d’opinion qui a longtemps transformé les journaux en tracts militants vers le journalisme des faits. Le militantisme politique n’a pas de place dans une presse sérieuse, objective et crédible. Le militantisme s’exerce au sein de la classe politique. Le journalisme doit permettre d’éclairer l’opinion publique, en rapportant les faits, sans altération. C’est la seule manière de garantir un libre-exercice de la profession, en toute responsabilité.

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