Un test, un commencement

« L’argent, ah ! Fléau des humains ! »Sophocle, tragédien grec.

Dans un peu plus d’un mois les Algériens devront se rendre aux urnes pour élire leurs représentants locaux. Une élection qui permettra de parachever le processus de réédification institutionnelle, et surtout de rebâtir les institutions les plus importantes de l’édifice. Les collectivités locales sont la base et l’essence de l’édifice. Elles sont ce lien ombilical entre le citoyen et l’État, les gouvernants et les gouvernés.

C’est pour cette raison qu’une attention particulière est portée aux prochaines échéances électorales. C’est pour cela que le prochain scrutin suscite un débat politique des plus vifs.

Celui-ci se concentre d’ailleurs sur le processus de validation et de rejet des candidatures par l’Anie. Un débat qui vire vers le discours traditionnel à propos des antagonismes entre les champs d’influence du politique et ceux de l’administratif, entre pouvoir et opposition, bien que l’Anie n’est ni un appendice de l’administration, ni du pouvoir politique.

Un discours, voire une litanie, à laquelle l’électeur s’est habitué à chaque précampagne. Cependant, cette fois le discours politique s’est évertué à mettre à l’amende une loi, ou plutôt un article de loi, le fameux article 184 du code électoral, pour considérer que celui-ci est par essence contre les partis politiques. Pourtant et en lisant le texte on prend conscience que celui-ci écarte de la représentation les personnes qui ont eu des démêlés avec la justice, notamment pour des faits de corruption, qui ont tenté d’interférer dans les processus électoraux ou qui sont connus pour leurs liens avec les détenteurs de l’argent sale. N’est-ce pas l’ambition de moraliser la vie politique qui est ainsi traduite dans les textes ? La probité morale n’est-elle pas la condition sine qua non pour accéder à une fonction élective et représentative ? Et puis où est passé le discours sur la nécessité de libérer les collectivités locales de l’emprise des mafias locales ? N’est-ce pas la meilleure façon d’y parvenir. Il est vrai que les partis politiques, qui ont peiné à constituer des listes, ont été surpris par le rejet des candidatures proposées. Le fait est qu’au lieu de questionner la loi, il serait plus utile de question l’ancrage des partis, l’action permanente de ces formations et leur rôle dans la mobilisation politique. Car, c’est là que réside le nœud du problème.  Les pratiques passées et la politique des quotas ont imposé la cooptation et la polarisation idéologique et régionale, voire tribale comme constantes au sein de la classe politique. Il lui est demandée aujourd’hui de changer, de jouer pleinement son rôle politique et de contribuer à la vie politiquesur la base d’idées, de programmes et une ambition réelle de participer à la gestion des affaires de la nation. Il leur est demandé de s’adapter. Les locales sont un test, mais aussi un commencement.

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