La leçon soudanaise

« Comme le despotisme est l’abus de la royauté, l’anarchie est l’abus de la démocratie. » Voltaire, philosophe des Lumières.

Le Soudan vit des moments tragiques. Les tensions et les manifestations qui ont perturbé l’activité de Port Soudan depuis plusieurs semaines ont fini par aboutir à un nouveau coup d’État et à la dissolution du gouvernement de transition, non sans violence.

Nous n’allons pas nous attarder sur les événements qui ont abouti à ce dénouement dramatique. Nous n’allons pas non plus prétendre que ce qui se passe aujourd’hui au Soudan n’est qu’un de ces nombreux coups d’État qui ont marqué l’histoire africaine depuis la fin des empires coloniaux. S’en tenir à des explications aussi simplistes, c’est relayer la propagande néocoloniale et faire le jeu de l’aliénation et de l’hégémonie culturelle.

Ce qui se passe au Soudan doit nous permettre de porter un nouveau regard sur les nouvelles formes d’ingérence et de déstabilisation des pays d’Afrique, auxquels on ne réserve que des plans de partition et processus transitionnels indéfinis pour mieux les tenir en laisse.

Car le Soudan fut le plus grand pays d’Afrique, avant que l’on décide de le scinder en deux parties, pour des considérations soi-disant religieuses. Une partition qui n’a fait que nourrir l’instabilité. Le Sud sécessionnistea connu les affres de la guerre civile, alors qu’un processus de transition sans fin a été imposé au Nord.

Le Soudan est en fait une leçon pour tous les pays d’Afrique. Il leur permet de mieux comprendre ce qu’on leur réserve. Le même agenda a été prévu pour le Mali. Et c’est ce qui a d’ailleurs été projeté pour l’Algérie, si ce n’était la vigilance des institutions et la prise de conscience des citoyens. 

La création de groupes sécessionnistes et séparatistes sur des bases ethniques ou religieuses sont l’un des outils usités par les puissances néocoloniales pour s’ingérer dans les affaires des pays, pour les affaiblir et les balkaniser. Il en est de même des élites politiques et intellectuelles chargées de relayer les discours en faveur de processus transitionnels indéfinis, sous le couvert de la promotion de la démocratie.

Mais les faits sont têtus. Ce qui s’est passé en Libye et ce qui se passe aujourd’hui au Mali et au Soudan confirment que l’anarchie ne peut servir la démocratie, que toute transition démocratique doit être assise sur des institution et dans le respect des règles édictées par la Constitution d’un pays. Autrement, c’est un saut vers l’inconnu.

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