Maitriser l’espace

« Le guerrier victorieux remporte la bataille, puis part en guerre. Le guerrier vaincu part en guerre, puis cherche à remporter la bataille. » Sun Tzu, L’art de la guerre.

L’Algérie a engagé un véritable redéploiement diplomatique. Au Maghreb, en Afrique et dans le monde arabe. Les objectifs sont fixés. Et la récente visite du président de la République en Tunisie a permis de mieux cerner ces objectifs. Il s’agit de reconstruire les liens pour rebâtir les fronts qui ont permis aux pays de la région de faire face aux politiques cannibales de l’impérialisme occidental. 

C’est en ce sens que la Déclaration de Carthage qui a sanctionné la visite du Président Tebboune en Tunisie évoque la nécessité de redéfinir un espace géographique capable d’apporter les réponses aux défis sécuritaires, économiques et sanitaires qui s’imposent à nous aujourd’hui. En termes plus clairs, le monde post-covid est marqué par l’ouverture de nouveaux fronts de confrontation imposée par la redistribution des cartes sur l’échiquier international. Une redistribution qui induit de nouveaux défis et de nouvelles menaces pour l’ensemble des Nations qui doivent peser sur le changement ou le subir comme des proies. Les implications de ces changements sont d’ailleurs visibles dès aujourd’hui partout dans le monde, y compris en Afrique, au Moyen-Orient et dans la région Maghreb-Sahel. 

Les tentatives de certaines forces pour redéfinir l’espace dans cette dernière région sont d’ailleurs claires. La fragilisation des États du Sahel et de la Libye par des crises politiques successives associées à une violence terroriste inouïe, les tentatives d’ingérence dans les pays d’Afrique du Nord, les tentatives de partition des pays africains et les manœuvres de l’entité sioniste qui cherche à faire une incursion en Afrique et au Maghreb par le biais de son pacte du mal avec le Makhzen sont en réalité les aspects les plus notables de cette volonté manifeste de redessiner la carte dans ces régions et de maîtriser l’espace. Or, la maîtrise de l’espace est l’assise de toute bataille que l’on engage. C’est dans ce contexte que l’Algérie redéploie sa diplomatie afin de s’assurer de la maîtrise de l’espace dans lequel elle évolue avec ses partenaires. C’est à cet effet que s’inscrit le rapprochement avec la Tunisie dans un axe autour duquel devra s’articuler un espace maghrébin sécurisé où la prospérité et partagée. Il en est de même en Afrique, l’Algérie s’étant engagée dans une démarche de rapprochement avec le Nigéria et l’Afrique du Sud. Un autre axe qui devra garantir l’intégration africaine et qui doit devenir le cœur d’un bloc africain qui pèse sur l’échiquier international. Enfin, l’Algérie se déploie sur la région Mena, laquelle est également un prolongement naturel, au-delà du partenariat avec la Turquie avec laquelle l’Algérie entretient des relations stratégiques, notre diplomatie mise sur le sommet arabe pour relancer l’action arabe commune. Au-delà de son engagement sans faille pour la cause palestinienne qu’elle compte imposer comme question majeure du sommet arabe d’Alger, l’Algérie veut rebâtir un front uni et remédier aux divisions qui émaillent cet espace par des manœuvres qui ont poussé les pays arabes, soit vers la déstabilisation, voire l’implosion comme ce fut le cas des pays du front du refus, soit vers une normalisation à marche forcée avec l’entité sioniste. La redéfinition de l’espace, en prenant en compte les véritables défis et les véritables menaces qui pèsent sur l’ensemble des pays de ces régions, est vitale dans cette bataille qui a déjà été engagée. 

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