Une nouvelle crise, une nouvelle chance ?

« Crise : Etat structurel de l’économie capitaliste libérale. » Luc Fayard, journaliste et écrivain français.

La reprise économique risque de n’être qu’une parenthèse dans ce cycle ininterrompu de crises qui ont marqué l’économie mondiale depuis 2008. La bulle spéculative des subprimes avait déjà bien malmené la planète business et il aura fallu plus d’une décennie pour que le monde commence à en effacer les effets. Enfin presque. Entre temps, une pandémie a bouleversé les plans de reprises, poussé les niveaux mondiaux d’endettement vers des niveaux records et carrément paralysé les économies du monde entier durant plus d’une année. Et au moment où l’on croyait la tempête passée, voilà que la croissance est de nouveau sous la menace d’une nouvelle crise…géopolitique cette fois. Le conflit en Ukraine aura certainement un impact. Pour l’heure l’on voit surtout l’envolée des prix des matières premières et les conséquences que cela aura sur l’inflation. Mais le conflit ainsi que les sanctions économiques imposées à la Russie risquent de lourdement affecter les systèmes financiers ainsi que les chaînes de valeur et les chaines logistiques mondiales. L’Opep a averti hier sur la nécessité de prendre en considération les risques que la situation actuelle implique. Or, l’impact risque d’être plus important. Car l’opération militaire russe en Ukraine dépasse l’espace géographique européen. Le conflit militaire n’est que le symptôme d’une réorganisation du monde sur le plan géostratégique, mais aussi sur le plan économique. L’insistance de l’Occident à vouloir entrainer la Chine dans une nouvelle ligne de front n’est que le produit d’un découplage économique entre l’Asie et l’Occident que Trump a entamé et que Biden cherche à accélérer. On le savait, la crise du covid-19 a donné naissance à une nouvelle ère géopolitique, mais aussi à un nouvel ordre économique mondial qui ne sortira des limbes qu’au prix d’un « chaos constructeur » selon l’approche occidentale de la chose. 

En Algérie, nous avons la chance, pour l’heure, de bénéficier d’une belle opportunité pour consolider nos ressources grâce à l’envolée des cours du pétrole et du gaz. D’autant plus que les effets de l’inflation ont été limités grâce à une politique d’achats anticipés des matières premières dont nous avons besoins. Nous avons une importante marge de manœuvre qu’il ne faudra surtout pas gaspiller. Une crise majeure est en gestation que l’on se doit d’anticiper, opérer les réformes nécessaires afin d’avoir une chance de se projeter dans le monde de demain. 

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