Agir ou subir

« La première panacée pour une nation mal dirigée est l’inflation monétaire, la seconde est la guerre. Les deux apportent prospérité temporaire et destruction indélébile », disait Ernest Hemingway dans ses notes sur la guerre en 1935. Les propos du romancier américain, à l’époque où il était correspondant de guerre, semblent aujourd’hui prophétiques. Ils nous dressent le tableau de la gouvernance hégémonique d’une Amérique qui a régné sans partage sur la planète pendant plus de trois décennies. Un règne qui n’a produit que guerres multiples et qu’inflation monétaire accélérée par des visions court-termistes lesquelles ne servent que des enjeux internes électoraux et populistes. Un triste bilan qui amène aujourd’hui la remise en question de l’ordre établi et ouvre la voie à une recomposition géostratégique. Un nouveau monde émerge et chaque grande nation a l’opportunité de trouver une place au soleil, mais prend le risque de subir le changement. C’est le cas pour l’Algérie qui a des atouts à faire jouer. Des atouts économiques d’abord, dont elle peut tirer profit à condition de se débarrasser de ses travers rentiers. Des atouts militaires et géostratégiques surtout. Et c’est en sens que l’Algérie repense ses politiques en misant sur la maîtrise de l’espace, dans son environnement immédiat d’abord, mais aussi via sa profondeur africaine. C’est l’essence de son redéploiement diplomatique et économique en Afrique, et notamment au Sahel et c’est ce qui motive les initiatives entreprises pour faire revivre l’axe géostratégique entre les trois pivots africains que sont l’Algérie, le Nigéria et l’Afrique du Sud. Un contexte qui pousse aussi l’Algérie à reconsidérer ses alliances afin de se placer en tant que puissance régionale. Elle compte ainsi sur son passif de militantisme tiers-mondiste actif, en tant que leader du non-alignement, en tant que grand pays de l’Union africaine et de la Ligue arabe pour se frayer un chemin dans les grands groupements géostratégiques mondiaux. C’est cela le sens de l’ambition de siéger parmi les pays du groupe des BRICS. Bien entendu, le redéploiement de l’Algérie, pays qui a une vision souverainiste et indépendante de la politique étrangère, ne plaît pas à tout le monde et certainement pas aux chantres de l’impérialisme et à leurs sous-traitants. C’est ce qui justifie la montée des menaces et des dangers qui ciblent notre pays, lequel doit désormais compter sur une ligne de défense consolidée par un front interne stable et une capacité militaire opérationnelle forte par son Armée. 

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