Gangrène

« La bureaucratie réalise la mort de toute action. » Albert Einstein. 

L’agriculture est l’avenir et cela est démontré chaque jour un peu plus. Grâce aux dispositifs de soutien, le secteur réalise des résultats record, notamment dans les filières stratégiques. La crise actuelle a mis sous les projecteurs les réalisations inédites des céréaliculteurs. Or, les agriculteurs d’autres filières font montre de la même abnégation qui a fini par payer. C’est le cas dans la filière tomate industrielle, où les réalisations ont permis à l’Algérie de se passer d’import depuis quelques années déjà. Cette année, les récoltes sont extraordinaires. Malheureusement, dans l’Est du pays, un tiers de la récolte risque de pourrir au soleil parce que l’aval industriel n’arrive pas à gérer le flux. Pourtant ce ne sont pas les capacités de transformations qui manquent. Le plus étranges est que certaines de ces usines sont au chômage technique en pleine période de récolte ! Des usines à l’arrêt en raison de blocages bureaucratiques. La bureaucratie persiste et sévit plus que jamais, malgré les efforts consentis par les pouvoirs publics pour lutter contre ce mal qui gangrène l’administration et compromet l’efficience économique. Ce qui se passe aujourd’hui dans la filière de la tomate industrielle révèle parfaitement comment l’influence d’une administration rigide et inefficiente peut bloquer un maillon de la chaîne, gripper la machine et compromettre les objectifs d’une politique économique. 

La bureaucratie est un fléau qu’il faudra définitivement éradiquer. Il y a quelques jours, le président de la République avait, une nouvelle fois, réaffirmé ses engagements en ce qui concerne la lutte contre la bureaucratie. Il avait alors souligné que « la bureaucratie n’est autre qu’un ensemble de pratiques autoritaires suspectes, accumulées depuis 30 à 40 ans par des individus si bien introduits dans l’administration qu’on les croirait représentants du Pouvoir » ! C’est justement-là que le bas blesse. Car si l’administration est le bras de l’État qui permet de traduire les politiques publiques, son emprise et son pouvoir sur les différents aspects liés à la vie économique et la vie quotidienne des citoyens sont tels que l’archaïsme de l’organisation administrative déteint et prend en otage des pans entiers de la société. Une partie de la solution résiderait donc dans le fait de réduire cette emprise en réduisant les interactions avec les structures administratives et ces individus qui en usent et abusent. La digitalisation est en ce sens une partie de la solution, mais il s’agit surtout de revoir les structures administratives ainsi que les process pour alléger les démarches. Il s’agit surtout de travailler sur les mentalités, et cela nécessite des réformes profondes et courageuses qui remettent en cause certaines certitudes ancrées au sein de l’administration. 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.