Reconstruire mieux

« La maxime gouverner c’est prévoir donne une idée de l’importance qu’on attribue à la prévoyance dans le monde des affaires, et il est vrai que si la prévoyance n’est pas tout le gouvernement, c’en est du moins une partie essentielle ». François-Joseph-Marie Fayolle, homme de lettres.

Tous les indicateurs sont au vert et l’économie nationale signe le retour sur la voie de la croissance. Le FMI et la Banque mondiale l’attestent. La BM table même sur un retour aux niveaux de croissance pré-pandémiques, notamment dans les secteurs hors hydrocarbures. Des prévisions qui alimentent l’optimisme et qui mettent en avant le contexte favorable pour l’économie algérienne qui semble avoir tourné la page de la dernière crise induite par la propagation du covid-19. Une amélioration des indicateurs qui a été induite par des résultats positifs dans les secteurs hors-hydrocarbures, mais aussi et surtout dans le secteur des hydrocarbures. Des performances qui devraient persister en 2023 au regard des prévisions des banques d’affaires qui tablent sur un maintien des prix élevés des hydrocarbures. Mais gare à l’excès d’optimisme !

Le contexte est très favorable, mais cela ne doit surtout pas nous pousser à nous endormir sur nos lauriers ni à retomber dans les travers rentiers. Les résultats positifs d’aujourd’hui doivent être capitalisés pour renforcer les résiliences aux chocs de demain. La crise induite par la pandémie, les poussées inflationnistes dues à la surchauffe qui s’en est suivie, puis la guerre en Ukraine ont imposé un certain nombre de priorités pour les pouvoirs publics. Il fallait prendre des mesures d’urgence pour limiter l’impact des confinements, puis celui de l’inflation et des perturbations des chaînes d’approvisionnement et c’est encore le cas aujourd’hui. Des efforts ont été consentis dans le sens de la diversification et pour pousser la croissance dans les secteurs de production hors hydrocarbures. Mais, des efforts et de réformes sont encore nécessaires pour pérenniser les équilibres budgétaires en réduisant le recours massif à la dépense publique, pour dynamiser le secteur industriel privé et pousser encore plus le développement de l’agriculture desquels doit dépendre l’amélioration des indicateurs en matière d’emploi. Il s’agit enfin de s’inscrire de manière concrète dans la transition énergétique et numérique pour se préparer aux enjeux de demain. Un baril à 100 dollars, c’est fantastique, mais ce n’est pas une fin en soi. C’est une formidable opportunité, une nouvelle chance de reconstruire mieux !

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