Divisions

« Diviser pour régner. » Maxime romaine

Le président de l’Union internationale des oulémas musulmans, le marocain Ahmed Raissouni, appelle au « Djihad ». Un Djihad qui ne cible pas les chantres de la normalisation et de la propagation du sionisme au Maroc et dans le monde arabe. Non non ! Raissouni appelle au Djihad contre d’autres musulmans, contres des Algériens, des Sahraouis et des Mauritaniens. Il appelle une édition « djahisdiste » de la marche verte vers le Sahara occidental, la Mauritanie et pour soi-disant « récupérer » Tindouf. Certains ne s’étonneront pas de ces propos tenus par l’un des vassaux du Makhzen et disciple du père de la propagande expansionniste makhzenienne, Allal El Fassi.  L’attitude de ce semblant de prédicateur est un grave dérapage en soi. Or, ce qui doit interpeller c’est bien le timing et le contexte dans lesquelles cette sortie intervient. Un contexte marqué par une redistribution des cartes et une course hégémonique effrénée pour s’assurer des bases et le contrôle des richesses en Afrique et au Moyen-Orient. Une redistribution dans laquelle l’impérialisme occidental s’appuie sur la propagation de l’influence des courants sionistes et la création de plus en plus de divisions pour s’assurer cet ancrage et endiguer toutes les formes de résistance. C’est ce qui motive les actions de déstabilisation politique qui ciblent plusieurs pays de la région pour les forcer à la normalisation, ainsi que les agressions continues contre l’Algérie qui s’impose aujourd’hui comme le phare de l’opposition à la normalisation. 

Mais la division reste l’assise des stratégies de l’impérialisme occidental dans la région, et depuis le début du siècle dernier.  Une division qui se nourrit du dévoiement des appartenances identitaires et culturelles et des aspirations des peuples de la région pour semer un chaos loin d’être constructif comme ils aiment à le faire croire. C’est cela qui a guidé l’action du renseignement britannique au début du 20e siècle pour instrumentaliser le nationalisme arabe afin de porter le coup de grâce au Califat et à l’Empire ottoman. C’est aussi cela qui a poussé ces mêmes services de « Sa majesté la Reine » à entretenir des relations secrètes avec le mouvement des Frères musulmans dès les années 1930 et bien après pour servir leurs objectifs en Égypte d’abord, puis pour contrebalancer le nationalisme arabe progressiste qui a guidé l’émancipation de nombreux pays de la région de la colonisation, des protectorats imposés ainsi que des tutelles et qui a induit la naissance d’un front du refus à la normalisation avec l’entité sioniste. C’est sur cette même stratégie que l’impérialisme occidental s’appuie encore aujourd’hui pour redessiner la carte de la région et concrétiser son projet de « Grand Moyen-Orient ». 

C’est en ce sens que le régime marocain joue un rôle clé en alimentant les divisions au sein du monde arabe et musulmans. Il les alimente au sein de l’Organisation de la coopération islamique à travers la présidence du Comité El Qods. Il les alimente aujourd’hui à travers l’UIOM. Il est aussi ce cheval de Troie de ces forces néocoloniales en Afrique, lui qui ne rate aucune occasion de renforcer les divisions au sein des structures de l’Union africaine et organisations panafricaines, jusque dans la CAF. Pour contrer cette gangrène qui ne cherche qu’à se diffuser, il n’y a qu’un seul remède, l’isoler et la couper du reste de la région. 

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