Vladivostok, la dernière frontière

Vladivostok, terminus du transsibérien est une ville symbole. Liée, dans l’imaginaire collectif imposé par l’Occident durant la guerre froide, aux goulags, elle est par la suite devenue l’emblème de l’ouverture de la Fédération de Russie après la chute de l’URSS car principale porte d’entrée orientale dans les tréfonds de l’âme russe. Vladivostok est aujourd’hui la ville de la dernière frontière. Ville portuaire, située à la frontière russe avec la Corée du Nord et la Chine, baignée dans la mer du Japon, c’est aussi la ligne de séparation entre Orient et Occident. Et en géopolitique, cela veut tout dire. Il est donc tout naturel que Vladimir Poutine choisisse cette ville clé pour régler ses comptes avec l’Occident et délivrer sa vision du monde qui change. Une vision qui s’ancre dans la réalité d’ailleurs. Une critique de l’usage inconsidéré et abusif des sanctions économiques et qui risque de se retourner contre leurs initiateurs. Un propos qui démystifie le discours entretenu jusque-là sur les racines de la crise alimentaire latente et bat en brèche les arguments des Européens, principaux bénéficiaires du retour des céréales ukrainiennes sur les marchés. 

Une réalité qui impose une nouvelle logique de blocs plus poussée que celle qui a marqué la Guerre froide. Car, la création d’un ensemble géopolitique, d’un système politique et économique alternatif à celui créé au lendemain de la deuxième Guerre mondiale, assis sur l’hégémonie du dollar et soutenu par les institutions de Bretton Woods et par un système multilatéral qui a largement démontré ses limites n’a jamais été aussi proche de la concrétisation. Vladivostok est le symbole d’une nouvelle frontière que le rapprochement entre Pékin et Moscou dessine. Une alliance appelée à brasser large et à élargir cette nouvelle frontière en s’appuyant sur les ensembles existants appelés à prendre une autre dimension. Car que ce soit dans le cadre des Accords de Shanghai ou les BRICS, il y a une voie alternative qui permet aux oubliés du système Bretton Woods de s’exprimer, qui peut être explorée. 

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