Contradictions

« Le palais conduit à la gloire, le marché à la fortune et la solitude à la sagesse ».Proverbe chinois

Ah le gaz ! Il met bien des pays dans l’embarras, surtout dans ce qu’on appelle, à tort, le Vieux continent.  Une qualité de vieillesse légèrement attribuée pour faire revêtir à l’Europe l’habit de la sagesse. Et on se rend compte, aujourd’hui, à quelle point cette « vieille » Europe manque de sagesse. Elle conserve plutôt l’empressement de l’immaturité. Oui, « l’Union sacrée » s’est empressée de se faire comme ennemi son principal pourvoyeur en énergie, juste pour faire plaisir à l’Oncle Sam, hégémon autoproclamé d’un monde finissant.

Elle s’est empressée de prononcer des sanctions, sachant pertinemment qu’elle n’a pas les moyens de faire face aux contre-mesures et elle est aujourd’hui dans l’embarras. Sa politique commence à faire jaser et à créer des troubles dans des sociétés européennes, tellement si bien réglée grâce à la protection des « libertés démocratiques ». Les Européens craignent un hiver qui promet d’être froid et austère et n’hésitent plus à afficher leur raz-le-bol. Ils battent le pavé pour exiger l’annulation des sanctions contre la Russie. Mieux encore, ils appellent à suivre l’exemple britannique et sortir d’une UE qui n’est plus synonyme de solidarité depuis longtemps, si ce n’est la solidarité imposée par la hausse de la pauvreté et la détresse sociale provoquée par les politiques mal avisées des technocrates de Bruxelles. Et en cela, on peut dire que Poutine a gagné sur le plan stratégique. Mieux encore, il a mis à nu les contradictions du pseudo-monde libre. D’abord parce que dans ces « vieilles démocraties »les manifestations et les cris de détresse de la population ont été parfaitement étouffées et ignorées par les grands médias démocratiques. Il y a ensuite cette manière avec laquelle les Occidentaux s’ingénient à battre en brèche leurs sacro-saints principes sur lesquels est assise l’économie de marché et qu’ils ont imposés au monde entier. On l’a vu avec la décision du G7 de plafonner les prix du pétrole russe. Une décision ridicule et parfaitement inapplicable, laquelle ne fait qu’alimenter les tensions sur le marché et pousser encore l’inflation. Maintenant c’est autour des l’UE de proposer un plafonnement des prix du gaz importé en Europe. Une idée qui manque totalement de sérieux et qui reflète la propension de l’Europe à se défaire de ses engagements dès que cela l’arrange. Elle reflète surtout l’embarras des dirigeants européens qui tentent une dernière manœuvre, une opération communicationnelle pour détourner l’opinion publique et mettre les producteurs d’énergie sur le banc des accusés. Mais la réponse à cette absurdité de plus est venue d’un pays européen producteur d’énergie. La Norvège ne s’est pas gênée pour rappeler à ses amis et alliés que le problème en Europe n’est pas celui du prix, c’est qu’il n’y pas assez de gaz en Europe. Cela a le mérite d’être clair et si les Européens s’obstinent, ils prennent le risque de n’avoir ni gaz, ni pétrole pour passer l’hiver. Si chacun voit midi à sa porte, chacun a parfaitement le droit de défendre ses intérêts.

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