Traditions

« Une tradition, ce n’est jamais qu’un progrès qui a réussi. » Maurice Druon, académicien français.

Le président russe, Vladimir Poutine, a salué hier le rôle pivot que joue l’Algérie sur les plans régional et international, ainsi que son approche « équilibrée » de la conduite des affaires internationales. Les propos de l’occupant du Kremlin reflètent bien entendu la qualité des relations que l’Algérie et la Russie entretiennent depuis six décennies. Mais ils vont bien au-delà.  Ils soulignent la constance de la diplomatie algérienne dans la gestion des relations de partenariats qui ne s’affectent ni des conjonctures, ni des soubresauts de l’échiquier géopolitique mondial et encore moins par les tentatives de parasitage qui relèvent plus de l’immaturité politique que d’une politique étrangère sérieuse.

Il est vrai que beaucoup de choses ont été dites sur la nature des relations algéro-russes dans le seul objectif de créer des polémiques vaines et stériles. Cela démontre que les commanditaires de ces polémiques ont une vision tronquée du remodelage géopolitique en cours et comprennent ses enjeux. Ils peinent surtout à comprendre qu’un État et encore plus sa diplomatie doit s’inscrire dans une tradition. Et la diplomatie algérienne s’inscrit dans une tradition depuis soixante, celle du non-alignement. C’est ce qui lui permet de conduire les affaires dans le cadre d’une approche pragmatique, qui ne néglige pas cependant certains principes fondateurs comme le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence, le respect des droits des Peuples opprimés, la nécessité d’un ordre économique qui garantisse solidarité et prospérité partagée et de la résolution pacifique des conflits. C’est ce qui lui permet aujourd’hui de s’imposer en tant qu’acteur pivot, que puissance régionale et de partenaire incontournable de toutes les grandes puissances qui ne cessent de réaffirmer leur volonté de renforcer leur coopération avec l’Algérie. C’est ce qui constitue d’ailleurs le motif du ballet diplomatique intense que connaît l’Algérie depuis plusieurs mois. Certes, la guerre en Ukraine a créé un nouveau contexte géopolitique. Un contexte qui offre une réelle opportunité pour l’Algérie de s’imposer en tant qu’acteur central au regard de ses traditions, de sa fiabilité et de sa conduite souveraine des affaires et des partenariats.

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