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L’ANIE publie son bilan préliminaire : 726 listes encore en suspens

La machine électorale tourne. L’Autorité nationale indépendante des élections a rendu public, lundi 1er juin, le premier bilan chiffré de l’examen des dossiers de candidature aux législatives du 2 juillet 2026 — et les chiffres méritent qu’on s’y attarde., Dans son communiqué, l’ANIE pose d’abord le cadre légal : «Conformément au décret présidentiel 26-145 du 16 Chaoual 1447 correspondant au 4 avril 2026 portant convocation du corps électoral pour l’élection des membres de l’Assemblée populaire nationale le jeudi 2 juillet 2026, et en application des dispositions de l’ordonnance 21-01 du 26 Rajab 1442 correspondant au 10 mars 2021 portant loi organique relative au régime électoral, modifiée et complétée.» Sur le territoire national, 788 dossiers ont été déposés, représentant 10 168 candidats. Le verdict de cette première phase est sans ambiguïté dans ses proportions : 6 994 candidats retenus, soit 70 %, contre 3 174 écartés, soit 30 %. Seules 77 listes ont été admises d’emblée. Trente et une ont été rejetées — dont 16 pour défaut de signatures individuelles, en application de l’article 202 de la loi organique. Mais le vrai volume de l’incertitude se trouve ailleurs : 680 listes demeurent examinées et en attente du dénouement des procédures contentieuses. À l’étranger, 66 dossiers regroupant 528 candidats ont été traités : 10 listes admises, 10 rejetées, 46 encore en suspens. Cent recours ont été enregistrés auprès du tribunal administratif d’Alger, et 84 candidats remplaçants sont en attente de traitement dans la diaspora.

La date butoir est fixée au samedi 6 juin à minuit pour le dépôt des nouvelles candidatures de remplacement — pour les listes de partis comme pour les indépendants. C’est court.

Le contentieux électoral, en Algérie, emprunte une voie balisée. La notification des décisions de rejet incombe exclusivement au mandataire de la liste, qui doit en informer immédiatement les candidats concernés. Ces derniers disposent alors d’un délai strict de trois jours pour saisir le tribunal administratif territorialement compétent. Selon l’article 206 de la loi électorale, le tribunal saisi doit statuer dans un délai de quatre jours. Si le tribunal valide le recours, le candidat initial est réintégré et la candidature de remplacement devient sans objet. Les décisions rendues à ce stade sont définitives.

La quasi-totalité des recours introduits devant les tribunaux administratifs ont été déclarés irrecevables, selon le Parti des travailleurs, qui a interpellé le chef de l’État pour geler l’application de l’article 200 — celui qui conditionne la candidature à l’absence de tout lien, même supposé, avec des milieux d’affaires suspects. Le Mouvement de la société pour la paix suit la situation avec «vive et profonde préoccupation» et dénonce des rejets fondés sur «des interprétations administratives et des appréciations discrétionnaires». Jil Jadid, de son côté, rappelle que «le soupçon n’est pas une condamnation». Même le FLN et le RND ne sont pas épargnés : des cadres locaux ont été évincés, dont un ancien député à Tissemsilt.

L’ANIE justifie cette orientation par la volonté de consacrer le principe de moralisation de la vie politique, conformément aux objectifs de la loi organique sur le régime électoral. Le calendrier répond sans s’embarrasser de la polémique. La campagne officielle s’ouvre le 9 juin. Le scrutin a lieu le 2 juillet. Entre les deux, des centaines de listes attendent encore leur sort — suspendu aux délibérations des tribunaux administratifs et aux arbitrages d’une autorité électorale dont l’indépendance est constitutionnellement garantie depuis 2021.

Malik Meziane

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