L’Espagne qualifie l’Algérie de « partenaire clé »: Une nouvelle page entre Alger et Madrid
Une nouvelle page s’ouvre dans les relations algéro-espagnoles. C’est dans ce contexte que s’inscrit la visite officielle de deux jours en Espagne, que le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Brahim Merad, a entamé en Espagne et qui œuvre à donner un nouvel élan aux relations bilatérales algéro-espagnoles. Cette visite, la première d’un responsable algérien en Espagne depuis 2022, marque une étape significative dans le « redémarrage » de la coopération entre les deux pays méditerranéens, après la suspension en juin 2022 du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération signé en 2002.
Accompagné du Directeur général de la Sûreté nationale, le Contrôleur général Ali Badaoui, et du Directeur général de la Protection civile, le colonel Boualem Boughlaf, le ministre a été reçu par son homologue espagnol Fernando Grande-Marlaska Gómez. Lors de cet échange,
Brahim Merad a mis l’accent sur la nécessité d’un partenariat renforcé dans la lutte contre le terrorisme, la criminalité organisée transfrontalière, le trafic d’armes, de drogues et la cybercriminalité. De son côté, Fernando Grande-Marlaska a qualifié l’Algérie de « partenaire clé » pour l’Espagne, particulièrement en matière de coopération sécuritaire et de lutte contre l’immigration clandestine, saluant les efforts algériens dans la lutte contre les réseaux de trafic d’êtres humains, selon les médias espagnols. Les deux ministres ont également évoqué le rôle décisif de l’Algérie dans la libération du ressortissant espagnol Navarro Canada Joachim, kidnappé en janvier dernier dans la zone frontalière algéro-malienne.
Concernant la problématique migratoire, Merad a exposé l’approche globale adoptée par l’Algérie, qui a déjà permis le retour volontaire de plus de 8.000 migrants irréguliers vers leurs pays d’origine, en collaboration avec l’Organisation internationale pour les migrations. Le ministre a réaffirmé la conviction de l’Algérie que la résolution durable de ce phénomène passe nécessairement par le développement dans les pays d’origine.
Dans le cadre de sa visite, le ministre de l’Intérieur a également rencontré le Secrétaire d’État espagnol à la Politique régionale, Arcadi España García. Brahim Merad a présenté les réformes initiées par le président Abdelmadjid Tebboune dans le domaine de la gouvernance locale, incluant la révision des lois relatives aux communes et wilayas ainsi que l’actualisation du plan national d’aménagement du territoire. Il a exposé l’expérience algérienne en matière d’équilibre et d’équité dans le développement, mettant en avant les programmes spécifiques destinés à certaines wilayas et les initiatives de développement local. Merad a également souligné l’approche actuelle des autorités algériennes visant à diversifier l’économie en faisant des collectivités locales un moteur de création de richesse, tout en intégrant les principes du développement durable, notamment à travers les projets de transition énergétique et le projet du Barrage vert.
La délégation algérienne, comprenant également le Directeur général de la Sûreté nationale, Ali Badaoui, et le Directeur général de la Protection civile, Boualem Boughlaf, a visité le siège de la Direction générale du trafic du Ministère espagnol de l’Intérieur pour s’informer des pratiques et technologies modernes utilisées dans la gestion du trafic et la prévention de l’insécurité routière.
Ce rapprochement avec l’Espagne intervient dans un contexte de tensions avec la France, illustrant la volonté algérienne de diversifier ses partenariats stratégiques en Méditerranée. Cette dynamique positive avait été précédée par une rencontre entre les ministres des Affaires étrangères des deux pays, Ahmed Attaf et José Manuel Albares, à Johannesburg en marge de la réunion ministérielle du G20, où ils avaient discuté des moyens de « rehausser les relations bilatérales en renforçant la confiance mutuelle ».
La dimension culturelle n’est pas en reste dans ce réchauffement des relations, comme en témoigne l’attribution récente du prestigieux Prix Pepe Carvalho à l’écrivain algérien Yasmina Khadra. À cette occasion, le 19 février, le président Tebboune avait qualifié l’Espagne de « pays ami », reflétant le climat cordial qui prévaut désormais entre Alger et Madrid.
Cette visite ouvre de nouvelles perspectives de coopération dans divers domaines incluant le développement local, la gestion urbaine, l’aménagement territorial et la coopération décentralisée, consolidant ainsi un partenariat stratégique renouvelé entre les deux pays méditerranéens.
Hocine Fadheli