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L’indépendance de l’Algérie, un miracle de dignité

Par Malek GuiraUn patriote

En ce jour de mémoire et d’espérance, nous ne célébrons pas un simple anniversaire. Nous saluons l’irruption d’un peuple dans l’histoire. Nous honorons un acte radical de dignité. Nous rappelons au monde qu’un peuple que l’on croyait vaincu a prouvé que l’humain, quand il se lève au nom de la justice, peut faire mentir la fatalité.
L’indépendance de l’Algérie, obtenue le 5 juillet 1962, est plus qu’un événement politique. C’est un miracle de dignité.
Un miracle, non parce qu’il serait tombé du ciel, mais parce qu’il s’est construit contre tous les pronostics, contre toutes les puissances, contre toutes les humiliations. Ce peuple, qu’on avait voulu briser, a montré que même privé de ses terres, de ses écoles, de ses droits et de ses voix, il pouvait se tenir debout et dire non. Non à la servitude. Non à l’effacement. Non à l’oubli.
Pendant 132 ans, l’ordre colonial s’est appliqué à nier l’être algérien. Il ne s’agissait pas seulement de domination : il s’agissait de dépossession, de réduction, d’humiliation systémique. Et pourtant, dans les maquis, dans les prisons, dans les campagnes, dans les cœurs — l’Algérie n’a jamais cessé d’exister.
À ceux qui l’ont cru silencieuse, elle a répondu par l’écho de ses martyrs.
À ceux qui l’ont cru ignorante, elle a répondu par l’intelligence de ses luttes.
À ceux qui l’ont cru soumise, elle a répondu par une révolution de vérité.
Et que possédait-elle, cette Algérie insurgée ? Ni armée régulière, ni université, ni capital, ni État. Seulement la mémoire de son être. Et la volonté farouche de redevenir sujet de sa propre histoire. C’est cela, le miracle.
Les puissances armées n’avaient pas prévu qu’un peuple dépouillé mais éveillé puisse puiser dans sa blessure la force d’un destin.
Ce combat fut total, mais il ne fut pas haine. Il fut douleur, mais il ne fut pas vengeance. Il fut affirmation de l’existence, et non négation de l’autre.
C’est pourquoi l’indépendance algérienne demeure une leçon pour toutes les nations : la souveraineté ne s’achète pas. Elle ne se donne pas. Elle se mérite par l’effort, le sacrifice, la clairvoyance et l’unité.
Mais, mes chers compatriotes, la dignité n’est pas une médaille que l’on accroche un jour à sa mémoire pour la laisser rouiller ensuite dans l’oubli. Elle est une exigence permanente. L’indépendance est un acte fondateur, mais elle n’est rien si nous cessons d’en être dignes.
Être digne de l’indépendance, c’est :
Instruire nos enfants dans l’excellence, pas dans l’approximation ;
Gouverner pour servir, et non pour se servir ;
Construire une économie qui libère, et non qui dépend ;
Préférer le mérite à la connivence, l’effort à la rente, la vérité à l’illusion.
Nous ne devons pas réduire notre révolution à une icône figée, ni faire de nos martyrs un argument pour justifier l’immobilisme. Ils n’ont pas donné leur vie pour que nous vivions dans la nostalgie. Ils l’ont donnée pour que nous inventions, chaque jour, une Algérie digne de leurs espoirs.
Oui, l’indépendance fut un miracle. Mais nous avons désormais le devoir d’en faire une œuvre. Une œuvre de souveraineté authentique, de justice profonde, d’unité réelle, de grandeur retrouvée.
Alors, en ce jour sacré, que chacun, du plus humble citoyen au plus haut responsable, se pose cette question :
« Suis-je digne du sacrifice de ceux qui sont tombés ? »
Et que la réponse, demain, ne soit plus une promesse, mais une évidence.
Gloire à nos martyrs.
Gloire à l’Algérie debout

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