Sahara occidental : Une chaîne américaine braque ses projecteurs sur la dernière colonie d’Afrique
La chaîne d’information américaine Break Through News a récemment braqué les projecteurs sur les derniers développements au Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique, analysant la stratégie marocaine contre le peuple sahraoui à travers ce qu’elle qualifie de « répression continue » et de pillage des richesses du territoire occupé. Cette attention médiatique internationale intervient alors que Paris s’apprête à accueillir en novembre la 49e Conférence européenne de soutien et solidarité avec le peuple sahraoui.
L’émission « Marge de liberté » de la chaîne américaine a consacré un programme intitulé « Démantèlement systématique et résistance globale » à l’occupation marocaine du Sahara occidental qui perdure depuis des décennies. L’invité principal, Mahjoub Mliha, responsable des relations extérieures de l’Organisation de rassemblement des défenseurs sahraouis des droits de l’homme au Sahara occidental (CODESA), a décrypté les positions unilatérales soutenant la prétendue « souveraineté » marocaine ainsi que les graves violations des droits de l’homme perpétrées contre les Sahraouis. Concernant le soutien de certains pays et personnalités à la proposition coloniale marocaine, Mahjoub Mliha a affirmé qu’il « ne s’agit que d’une partie de la propagande politique de l’occupation marocaine qui promeut des positions individuelles obtenues par des moyens que les jours dévoileront ». Il a ajouté que « cela semble être devenu le passe-temps favori du régime marocain pour traiter la question du Sahara occidental ». Parallèlement, le militant sahraoui a souligné que « les tribunaux internationaux, notamment la Cour de justice de l’Union européenne, ont tranché la question en confirmant que le Maroc n’a aucune souveraineté sur le Sahara occidental et que le peuple sahraoui est le détenteur exclusif de la souveraineté sur le territoire et sur ses richesses et ressources naturelles ».
L’intervenant a mis en évidence que « l’occupation marocaine utilise le pillage des richesses du Sahara occidental pour obtenir un soutien formel de certaines parties internationales par la corruption et l’achat des consciences, positions éphémères et changeantes ». Il a averti que « toute activité économique menée au Sahara occidental occupé doit obtenir l’approbation du peuple sahraoui ou de son représentant légitime », le Front Polisario. Selon lui, « le Maroc exploite illégalement les ressources naturelles du Sahara occidental, et pas seulement cela, mais les utilise comme outil pour maintenir son occupation militaire par différents moyens, en finançant principalement son occupation et sa présence militaire au Sahara occidental, mais aussi en impliquant des acteurs internationaux dans ce que nous appelons l’internationalisation de l’occupation par la complicité d’entités multinationales ».
Le défenseur des droits de l’homme a également souligné que l’occupation marocaine « utilise les ressources naturelles pour modifier la structure démographique du Sahara occidental en amenant des milliers de colons marocains sur le territoire ». Il a noté que « malgré les décisions de la Cour de justice européenne, l’Union européenne reste impliquée dans le pillage des ressources naturelles du Sahara occidental ». L’activiste s’est longuement arrêté sur les violations des droits de l’homme commises par le Maroc au Sahara occidental occupé et son ciblage permanent des militants qui revendiquent le droit à l’autodétermination conformément à ce qu’affirme la légalité internationale, insistant sur le fait que le peuple sahraoui continuera la lutte jusqu’à l’achèvement de sa souveraineté sur l’ensemble de ses terres.
Cette mobilisation médiatique américaine coïncide avec l’organisation prochaine de la 49e Conférence européenne de soutien et solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco) qui se tiendra les 28 et 29 novembre à Paris, comme l’a annoncé l’ONG espagnole de solidarité CEAS Sahara. Des organisations non gouvernementales, institutions et groupes de solidarité avec le peuple sahraoui se réuniront pour faire progresser la lutte de ce peuple pour mettre fin à l’occupation du Sahara occidental par le régime marocain. L’événement débutera le 28 novembre par une réunion au siège du Sénat français, où des députés, sénateurs et représentants d’assemblées législatives de plusieurs pays européens se retrouveront pour promouvoir des actions législatives et diplomatiques. L’objectif est de faire pression sur les gouvernements européens afin qu’ils assument leur responsabilité historique et politique dans la décolonisation du Sahara occidental. Les participants, parmi lesquels figureront également des universitaires, journalistes, experts et représentants de la société civile, débattront des mécanismes visant à renforcer le soutien à la lutte légitime du peuple sahraoui. Plusieurs questions cruciales seront à l’ordre du jour, notamment les violations des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, la poursuite du pillage des ressources naturelles par l’occupant marocain, et le renforcement du réseau de solidarité internationale. Une attention particulière sera accordée au blackout médiatique imposé au territoire par l’occupant marocain pour empêcher les médias étrangers et observateurs internationaux de documenter les violations des droits humains. Les associations de solidarité avec le peuple sahraoui ont intensifié leurs actions en France ces derniers mois, comme en témoigne la « Marche pour la liberté » lancée fin mars depuis Paris pour réclamer la libération des prisonniers politiques sahraouis dans les geôles marocaines.
R.I.