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Maroc : Le pays sombre dans les crises 

Le silence gouvernemental face aux inondations révèle un fossé grandissant entre le pouvoir et le peuple.

Alors que le Maroc traverse une série de crises multiformes aggravées par la corruption endémique, le régimedu Makhzen continue d’accumuler profits et richesses dans l’indifférence totale face aux catastrophes naturelles qui frappent le pays, dénoncent des rapports médiatiques marocains. Cette situation explosive a atteint son paroxysme avec le mutisme officiel face aux inondations dévastatrices qui ont ravagé plusieurs régions, notamment la ville de Ksar El Kébir et d’autres zones montagneuses et rurales, laissant derrière elles un bilan humain et matériel accablant. Les mêmes sources soulignent le contraste saisissant entre la détresse populaire et l’enrichissement des cercles du pouvoir. Malgré le contexte économique difficile que traverse le pays et les souffrances des citoyens, les résultats financiers du groupe Africa Gaz, propriété du chef du gouvernement Aziz Akhannouch, révèlent une trajectoire ascendante des bénéfices qui soulève de nombreuses interrogations. Le groupe a annoncé avoir réalisé des profits au cours de l’année 2025 en hausse de 2,4% par rapport à 2024, consolidant ainsi sa position de leader dans le secteur des hydrocarbures. Cette prospérité intervient dans un contexte où le citoyen marocain se trouve être le maillon le plus faible, supportant les conséquences d’une politique tarifaire qui a alourdi son fardeau et impacté négativement de larges pans de l’économie nationale. Les rapports médiatiques insistent sur la nécessité d’une séparation claire entre le pouvoir et l’argent, appelant à garantir une transparence réelle qui protège l’intérêt général et restaure le principe de responsabilité lié à la reddition de comptes.

Par ailleurs, les mêmes sources dénoncent avec véhémence le silence assourdissant du gouvernement face aux pertes considérables causées par les récentes inondations à Ksar El Kébir et dans d’autres zones montagneuses et rurales, catastrophes documentées par des images et témoignages accablants. Les analystes affirment que l’exécutif a pris l’habitude de tourner le dos à la réalité, adoptant une posture de déni face aux drames qui secouent le royaume.

Cette indifférence s’est manifestée de manière criante lors de la séance des questions orales tenue lundi au Parlement marocain. Le gouvernement n’a trouvé aucune gêne à ignorer les demandes urgentes de certains députés réclamant l’ouverture d’un débat immédiat sur la catastrophe, se contentant de s’abriter derrière l’ordre du jour comme si ce qui se passait en dehors de l’hémicycle n’était qu’un détail secondaire ne méritant pas qu’on s’y attarde. Cette attitude bureaucratique face à l’urgence humanitaire a provoqué l’indignation de l’opposition et de larges segments de l’opinion publique.

Les observateurs soulignent que ce comportement ne peut être dissocié d’un schéma récurrent dans la performance d’un gouvernement qualifié de « gouvernement des catastrophes ». Cette appellation fait référence à une succession de crises mal gérées qui ont émaillé le mandat de l’actuel exécutif, révélant un fossé grandissant entre les priorités du pouvoir et les attentes légitimes de la population. L’absence de réactivité face aux urgences naturelles contraste violemment avec la célérité dont fait preuve le gouvernement lorsqu’il s’agit de défendre les intérêts économiques des groupes proches du pouvoir.

Dans un contexte connexe, l’Espace marocain des droits de l’homme a exprimé sa profonde préoccupation et son mécontentement face à l’ampleur des souffrances endurées par les habitants de Ksar El Kébir et des environs suite aux récentes inondations. L’organisation a tenu les autorités pour responsables de la mauvaise gestion de la crise, pointant du doigt l’absence de mesures préventives adéquates, le retard dans les opérations de secours et le manque de coordination entre les différents services de l’État.

Cette situation explosive met en lumière une crise de gouvernance profonde au Maroc, où l’enrichissement des élites politico-économiques se poursuit au détriment de la sécurité et du bien-être des populations les plus vulnérables, exacerbant ainsi les tensions sociales et alimentant un sentiment croissant d’injustice et d’abandon.

Lyes Saïdi

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