La vieille ville de Miliana consacrée par l’ALECSO : Malika Bendouda exige « des actes concrets, pas seulement un titre »
Le classement ne suffit pas, il faut désormais agir. Mardi à Aïn-Defla, la ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a lancé un appel pressant aux autorités locales pour qu’elles valorisent concrètement l’inscription de la vieille ville de Miliana au registre du patrimoine architectural et urbanistique arabe par l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences. Lors d’une visite de travail et d’inspection effectuée en compagnie du wali Aïssa Aziz Bouras, la ministre a estimé que cette reconnaissance constitue certes « une reconnaissance arabe de sa valeur civilisationnelle et symbolique », mais elle a surtout insisté sur le fait que la prochaine étape requiert « la valorisation de ce classement sur le terrain et la mise en exergue de l’héritage urbanistique et culturel de la ville, à travers le lancement d’activités et de projets qualitatifs ». Un message clair : les distinctions honorifiques doivent se traduire par des réalisations tangibles. La journée de la ministre s’est articulée autour d’une série de visites symboliques et stratégiques, marquant la volonté de l’État de redonner à Miliana son lustre historique. Au siège du Califat de l’Émir Abdelkader, connu sous le nom de Dar El Amir, Malika Bendouda a supervisé la remise aux autorités locales de l’emblème de la distinction relative à l’inscription de la ville dans le secteur sauvegardé de l’organisation ALECSO. Elle a ensuite effectué une visite approfondie de ce monument archéologique qui a bénéficié d’importantes opérations de restauration et de réhabilitation, témoignant ainsi de l’engagement de l’État à préserver les hauts lieux de la mémoire nationale. L’inauguration du musée national de la ville de Miliana, après son aménagement, a constitué un autre temps fort de cette visite ministérielle. Malika Bendouda a qualifié cette institution « d’espace de préservation de la mémoire nationale et de sauvegarde du patrimoine culturel ». La ministre a particulièrement salué la contribution des citoyens à l’enrichissement du musée par des pièces archéologiques et des manuscrits, y voyant le reflet « de l’esprit d’appartenance et de responsabilité envers le patrimoine ». Cette mobilisation citoyenne permet de renforcer le fonds historique de l’institution et garantit la préservation de la mémoire pour les générations futures, selon elle. Le programme de la journée a également inclus une visite au mausolée Sidi Ahmed Benyoucef ainsi qu’une inspection du projet de réhabilitation du rempart romain, considéré comme l’un des plus importants sites archéologiques et historiques de la région. Sur place, la ministre a reçu des explications détaillées sur l’état d’avancement des travaux, démontrant son souci du suivi minutieux de ces chantiers patrimoniaux d’envergure.
Au-delà du patrimoine bâti, Malika Bendouda s’est également attachée à relancer l’infrastructure culturelle vivante de la wilaya. À Khemis Miliana, elle a procédé à la baptisation de la salle de cinéma du nom de l’artiste défunte Biyouna, de son vrai nom Baya Bouzar, rendant ainsi hommage à cette figure emblématique du théâtre et du cinéma algériens. La ministre a également inauguré la salle de spectacles Mohamed Boudiaf après d’importants travaux de restauration, ainsi que la maison de la culture Émir Abdelkader, qui a elle aussi bénéficié d’une opération de restauration. Ces infrastructures constitueront, selon ses propres termes, « un soutien à la dynamique culturelle et un encouragement à la créativité artistique ». Cette visite ministérielle marque ainsi une étape décisive dans la stratégie de valorisation du patrimoine de Miliana, ville chargée d’histoire qui fut le siège du califat de l’Émir Abdelkader.
M.S.

