Monde

Maroc : L’AMDH dénonce la répression du mouvement GenZ

L’Association Marocaine des Droits Humains a dénoncé jeudi dans un communiqué alarmant les procès arbitraires et les détentions préoccupantes visant plus de 120 jeunes du mouvement GenZ 212, né le 27 septembre 2025 pour réclamer de meilleurs soins de santé, une éducation de qualité et dénoncer la corruption, estimant que ces poursuites judiciaires violent les garanties minimales d’un procès équitable et les engagements internationaux du royaume.

Des dizaines de jeunes manifestants ont comparu cette semaine devant la Cour d’appel de Rabat dans des conditions que l’organisation non gouvernementale considère comme contraires aux standards internationaux des droits de l’homme. Selon les informations révélées par l’AMDH et relayées par la chaine d’informations internationale AL24News, cette vague de comparutions s’inscrit dans une stratégie de répression systématique orchestrée par les autorités du Makhzen contre un mouvement de contestation sociale qui a émergé il y a plusieurs mois pour exprimer les frustrations d’une jeunesse marocaine en quête de dignité et d’avenir. Dans son communiqué, l’Association Marocaine des Droits Humains précise que « plus de 120 jeunes, dont des mineurs, ont comparu cette semaine devant la Cour d’appel de Rabat en liberté provisoire ». Chose qui l’ampleur de la répression judiciaire menée contre le mouvement GenZ 212, dont les revendications portent sur des questions fondamentales qui touchent directement les conditions de vie de la jeunesse marocaine. L’accès aux soins de santé de qualité, un système éducatif performant et la lutte contre la corruption endémique constituent les piliers de cette mobilisation qui a rencontré un écho considérable auprès d’une population jeune largement désenchantée. La situation apparaît encore plus préoccupante pour une vingtaine d’autres jeunes activistes qui restent détenus sans jugement, parfois depuis plusieurs mois. Cette détention provisoire prolongée constitue selon l’AMDH « une violation flagrante du droit à la liberté et du droit à un procès équitable ». 

L’organisation non gouvernementale reproche au Makhzen notamment de « privilégier une logique de poursuites judiciaires plutôt que d’ouvrir des enquêtes indépendantes sur les conditions d’arrestation ». Cette approche, selon l’AMDH, « traduit une atteinte grave au principe de responsabilité et contribue à renforcer l’impunité ».  Au-delà des violations juridiques, l’AMDH souligne les conséquences sociales dévastatrices de cette répression judiciaire. L’organisation humanitaire déplore que ces pratiques entraînent la fragilisation de familles entières, provoquent des souffrances psychologiques profondes chez les détenus et leurs proches, et s’accompagnent d’une absence totale de mesures de protection ou de réparation pour les victimes.  L’AMDH a martelé que « la répression ne peut constituer une réponse aux revendications sociales et légitimes des jeunes marocains ». Cette mise en garde souligne l’impasse dans laquelle s’engage le Makhzen en choisissant la voie de la confrontation judiciaire plutôt que celle du dialogue social. Les revendications portées par le mouvement GenZ 212 concernent des droits fondamentaux reconnus par les conventions internationales que le Maroc a pourtant ratifiées. L’accès à la santé, à l’éducation et la lutte contre la corruption constituent des aspirations légitimes qui mériteraient des réponses politiques constructives plutôt qu’une répression aveugle.

Face à cette situation alarmante, l’Association Marocaine des Droits Humains formule trois exigences claires et non négociables. Elle appelle à « la libération immédiate et inconditionnelle des détenus », estimant que leur maintien en détention ne repose sur aucune base légale solide. L’organisation réclame également « l’arrêt des procès iniques » qui bafouent les principes élémentaires de la justice et violent les engagements internationaux du royaume en matière de droits de l’homme. Enfin, l’AMDH exige « l’ouverture d’enquêtes indépendantes » sur les conditions d’arrestation des jeunes manifestants.

Cette affaire illustre une fois de plus les dérives autoritaires d’un régime qui, malgré ses prétentions réformistes affichées sur la scène internationale, continue de réprimer systématiquement toute forme de contestation sociale. Le sort réservé aux jeunes du mouvement GenZ 212 témoigne du fossé croissant entre les aspirations démocratiques de la société marocaine et les réflexes répressifs d’un pouvoir incapable de trouver des solutions à la crise politique et social qui s’aggrave.

Lyes Saïdi

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *