Culture

Trois lauréats distingués par le premier Prix Émir-Abdelkader : Raviver l’héritage du bâtisseur de l’Étatalgérien moderne

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a présidé mercredi au Palais de la Culture Moufdi-Zakaria la cérémonie de remise du Prix Émir-Abdelkader pour la recherche et les études historiques, récompensant trois chercheurs algériens pour leurs travaux sur cette figure emblématique de la résistance algérienne. Cette première édition s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la deuxième allégeance à l’Émir Abdelkader, qui remonte au 4 février 1833.

La cérémonie a réuni plusieurs personnalités de premier plan, dont le conseiller du président de la République chargé de l’éducation, de l’enseignement supérieur, de la formation professionnelle et de la culture, Nasreddine Bentifour, ainsi que le ministre des Moudjahidine et des Ayants-droit, Abdelmalek Tacherift. Des membres des deux chambres du Parlement, des directeurs d’établissements culturels, écrivains et intellectuels ont également assisté à cet événement qui consacre la mémoire de l’une des plus illustres personnalités de l’histoire nationale. Les lauréats de cette première édition sont Ouadhan Bougheffala, qui décroche la première place avec son étude intitulée « L’Émir Abdelkader El Djazaïri, projet d’État et de Nation », Mohamed Rachid Miloud, récompensé à la deuxième place pour ses travaux « L’Émir Abdelkader, de la tribu à la nation et du milieu bédouin à l’État, à travers les sources russes », et Mohamed Besker, qui obtient le troisième prix pour l’authentification du manuscrit « Sourour al-Nadhir fi Akhbar Walidi al-Amir Abdelkader ». Ces distinctions s’accompagnent de récompenses financières substantielles d’un million de dinars pour le premier prix, 500.000 dinars pour le deuxième et 300.000 dinars pour le troisième.

Dans son intervention, la ministre Bendouda a développé une réflexion profonde sur l’actualité de la pensée et de l’action de l’Émir Abdelkader. Évoquant la philosophie politique qui sous-tendait son projet de société, elle a souligné que dans l’expérience de l’Émir Abdelkader, l’État était « le fruit d’un acte de conscience avant qu’il ne soit un appareil, une idée avant d’être une administration, des valeurs morales avant d’être des lois ». Cette vision humaniste, a-t-elle ajouté, témoigne de la modernité de sa pensée, puisque l’Émir Abdelkader « a établi le lien entre la construction d’une armée et l’édification d’une société, la gestion d’une bataille et l’organisation de la vie, et la défense de la terre et la protection de l’Homme ». La ministre a également inscrit cet héritage dans le contexte géopolitique actuel, estimant que dans un monde qui assiste à « un recul inquiétant des valeurs du droit international et à une expansion de la logique de l’hégémonie », l’expérience de l’Émir Abdelkader revêt « une pertinence exceptionnelle dans le contexte actuel, car elle rappelle que la souveraineté ne se donne pas mais se construit et que la légitimité ne s’impose pas, mais découle de la volonté des peuples ». Ces propos résonnent particulièrement alors que la communauté internationale fait face à de multiples crises et tensions.

Création d’un fonds documentaire

Malika Bendouda a profité de cette occasion pour annoncer la création du fonds documentaire de l’Émir Abdelkader au sein de la Bibliothèque nationale d’Algérie, qui constituera « un espace scientifique qui rassemble tout ce qui a trait à cette illustre personnalité ». Cette initiative vise à centraliser les ressources documentaires et à faciliter les recherches futures sur cette figure historique majeure. La cérémonie a également été marquée par la présentation d’un projet d’envergure par le docteur et chercheur Ahmed Bensaâda, qui a exposé les grandes lignes du futur musée et de la statue de l’Émir Abdelkader qui seront érigés sur les hauteurs de la ville d’Oran, au Mont Murdjadjou. Cet édifice, conçu selon des normes internationales, ambitionne de refléter la stature de l’Émir en tant qu’homme de résistance, de pensée et d’humanisme, tout en constituant un pôle d’attraction culturel, touristique, économique, éducatif, historique et récréatif pour la région. Le Prix de l’Émir Abdelkader pour les recherches et études historiques, organisé par le ministère de la Culture et des Arts, se veut un concours de recherche historique destiné aux chercheurs et aux étudiants. La commission scientifique chargée d’évaluer les travaux soumis était composée du directeur du Centre national du livre, Djamel Yahiaoui, du chercheur en histoire Abdelkader Boudjella, du recteur de l’Université de Tissemsilt, Abdelkader Dahdouh, ainsi que du chercheur en histoire contemporaine Youcef Menasria. Le ministère procédera à l’impression des travaux lauréats, garantissant ainsi leur diffusion auprès du public et de la communauté scientifique.

Mohand Seghir

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