Syrie : Ouverture de la conférence du dialogue national
Le président par intérim de la Syrie a déclaré mardi que son pays disposait d’une « opportunité historique » pour se reconstruire, lors d’une conférence du dialogue national présentée par les nouveaux dirigeants syriens comme une étape clé après les décennies de règne de la famille Assad. L’ancien président Bachar al Assad a été renversé l’année dernière par le groupe islamiste Hayat Tahrir al-Sham (HTS). Le chef du groupe, Ahmed al Charaa, a été nommé président par intérim du pays le mois dernier et s’est engagé à organiser un dialogue national sur l’avenir du pays. Ahmed al Charaa a souligné que la Syrie devait unifier les différents groupes armés sous un commandement militaire unique, affirmant que « la force du pays réside dans son unité ». Les participants se sont divisés en six groupes de travail pour discuter d’un système de justice transitionnelle, de la Constitution, de la construction des institutions étatiques, des libertés individuelles, du futur modèle économique syrien et du rôle de la société civile. Les discussions sont confidentielles et menées par un modérateur qui accorde deux minutes de temps de parole par participant et contrôle qu’aucun document ne sorte. Selon les organisateurs, les recommandations qui devraient être adoptées d’ici la fin de la journée contribueront à l’élaboration d’une déclaration constitutionnelle destinée à définir les principes de base du nouvel ordre de gouvernement en Syrie. Elles seront examinées par le nouveau gouvernement de transition qui doit prendre le pouvoir le 1er mars. La conférence du dialogue national est cependant critiquée pour sa préparation précipitée et affiche un manque de représentativité, notamment des membres kurdes ou des Forces démocratiques syriennes. Les capitales occidentales et arabes conditionnent leurs relations avec les nouveaux dirigeants syriens à l’inclusivité du processus politique. S’exprimant après Ahmed al Charaa, le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad al Chibani a critiqué les sanctions internationales toujours en place, affirmant qu’elles étaient utilisées « comme moyen de pression sur la volonté du peuple syrien ». Pour organiser l’événement, un comité préparatoire de sept membres a organisé des sessions d’écoute par province, tenant parfois plusieurs sessions de deux heures par jour pour intégrer les 14 régions de la Syrie au cours d’une semaine. Cinq des membres du comité sont soit dans le HTS, soit proches du groupe, et il n’y a pas de membres des communautés druzes ou alaouites, qui constituent des minorités importantes en Syrie.
R.I. avec agences