Deux décrets précisent les modalités s’applications : Les tests anti-drogue désormais obligatoire au recrutement
Des tests de dépistage de stupéfiants sont désormais obligatoire pour tout recrutement dans les secteurs public et privé ainsi que dans les établissements d’enseignement, une mesure inédite qui vise à assainir les environnements professionnels et éducatifs.
Deux décrets exécutifs datés du 14 janvier dernier et publiés dans la dernière livraison du Journal officielinstaurent un dispositif de contrôle sans précédent touchant candidats à l’emploi, élèves et étudiants. Ces textes, signés par le Premier ministre Sifi Ghrieb, traduisent une volonté politique affirmée de préserver les espaces de travail et d’apprentissage de toute consommation de produits illicites. Le décret exécutif 26-76 du 25 Rajab 1447 pose le principe d’une obligation nouvelle pour tous les candidats au recrutement. Selon l’article 3, « il est exigé que les dossiers de recrutement dans les secteurs public et privé comportent des tests de dépistage négatifs prouvant que le candidat n’a pas consommé de stupéfiants et/ou de substances psychotropes ». Cette exigence s’étend aux fonctionnaires et travailleurs candidats aux examens professionnels, créant un filet de contrôle généralisé touchant l’ensemble du marché du travail algérien. La mesure s’applique aux administrations, établissements publics, établissements d’intérêt général et organismes du secteur privé. L’article 5 stipule que « les tests sont effectués dans des laboratoires autorisés par le ministère chargé de la santé, conformément aux normes qui garantissent l’exactitude et la fiabilité des résultats ». Les analyses portent sur des échantillons biologiques de sang, salive ou autres prélèvements. Le recours au QR Code permet de vérifier l’authenticité des résultats. Les certificats sont valables trois mois et peuvent être utilisés pour plusieurs candidatures. Le texte prévoit des exceptions médicales, l’article 7 autorisant les candidats utilisant légalement des substances pour raisons thérapeutiques à fournir un certificat médical. L’article 14 précise que les personnes dépistées positives « peuvent postuler à des emplois dans les secteurs public et privé après avoir suivi les mesures curatives » prévues par la loi de 2004.
Le décret exécutif 26-77, promulgué le même jour, instaure le dépistage dans les établissements d’éducation. Sont concernés les élèves du secondaire, les étudiants de l’enseignement supérieur et les stagiaires de la formation professionnelle. Contrairement au monde du travail où le test est systématique, le dépistage scolaire repose sur des critères comportementaux. L’article 6 vise les personnes « qui manifestent des troubles de comportement ou un comportement agressif » ou celles faisant l’objet « d’une suspicion raisonnable de consommation » selon les observations des enseignants.
Protection des mineurs
La protection des mineurs constitue un axe central. L’article 7 exige « le consentement écrit et explicite » du représentant légal pour soumettre un mineur aux analyses. En cas de refus parental, l’article 9 prévoit que le directeur peut saisir le juge des mineurs. Pour les majeurs refusant le dépistage, une procédure disciplinaire est prévue. Les garanties juridiques traversent l’ensemble du dispositif. L’article 16 du décret éducatif stipule que « le concerné dont les résultats des analyses révèlent la présence d’un usage de stupéfiants et/ou de substances psychotropes ne peut faire l’objet de poursuites judiciaires en raison des résultats de ces analyses ». L’article 17 interdit « toute mesure disciplinaire ou d’exclusion » fondée uniquement sur des résultats positifs, l’objectif affiché étant thérapeutique et non répressif. L’État prend en charge les frais des analyses dans le cadre éducatif.
Ces décrets s’inscrivent dans l’application de la loi 04-18 du 25 décembre 2004 relative à la prévention et à la répression de l’usage et du trafic illicites de stupéfiants. Les établissements disposent de six mois pour mettre leurs règlements intérieurs en conformité. Le gouvernement présente cette réforme comme une réponse nécessaire à la diffusion des stupéfiants dans la société algérienne.
Malik Meziane
Une campagne de sensibilisation lancé : 300 cellules de solidarité mobilisées contre la drogue
Le ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme a donné lundi le coup d’envoi d’une campagne nationale de sensibilisation aux dangers de la drogue, mobilisant plus de 300 cellules de proximité à travers le territoire.
Placée sous le slogan « Unissons-nous tous pour protéger nos enfants », cette campagne de huit jours cible les quartiers et espaces publics fréquentés par les différentes franges de la société, notamment les jeunes et adolescents. « Il s’agit d’ouvrir le dialogue avec eux pour les éclairer et les orienter sur les dangers qu’ils peuvent affronter, eux ou leurs proches, suite à l’addiction, ainsi que sur les moyens de prévention », a précisé la ministre Soraya Mouloudji lors du lancement. Pour assurer le succès de cette initiative, le dispositif repose sur « plus de 300 cellules de proximité de solidarité au niveau national auxquelles participent des médecins, des sociologues, des psychologues ainsi que des assistants sociaux », a souligné la ministre. Soraya Mouloudji a insisté sur le caractère prioritaire de cette lutte, affirmant que « les dangers de la drogue dépassent la dimension sociale pour englober des dimensions sécuritaires, sanitaires, éducatives et morales », ce qui nécessite « une vision intégrée et des efforts unifiés ». Le directeur de l’Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie, Tarek Kour, a rappelé que la stratégie nationale 2025-2029 constitue « une feuille de route claire et globale reposant sur une approche préventive avant d’être curative ». La campagne s’accompagne d’une convention de coopération signée entre l’Agence de développement social et l’Office national de lutte contre la drogue, visant à renforcer la collaboration bilatérale dans ce combat qui engage toute la société algérienne.
M.M

