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Sifi Ghrieb mobilise l’appareil consulaire : Un message fort pour la diaspora 

Réunie pour la première fois depuis plus de vingt ans, la Conférence des chefs de postes consulaires a été l’occasion pour le Premier ministre de rappeler mardi l’engagement du président de la République AbdelmadjidTebboune envers la communauté nationale à l’étranger. Sifi Ghrieb a appelé à transformer les centres consulaires en véritables leviers de développement économique, tout en renforçant la protection des Algériens établis hors du territoire.

Plus de deux décennies après sa première édition, la Conférence des chefs de postes consulaires s’est tenue mardi au siège du ministère des Affaires étrangères à Alger, présidée par le Premier ministre Sifi Ghrieb, mandaté par le président de la République. Cette rencontre intervient à un moment charnière où l’Algérie réaffirme sa volonté de placer sa diaspora au cœur de ses priorités. Dans son allocution d’ouverture, M. Ghrieb a souligné que cette conférence « s’est imposée comme une nécessité, afin d’évaluer ce qui a été accompli en direction de la communauté nationale à l’étranger et d’adapter les mesures et procédures qui lui sont destinées ». Il a rappelé que l’Algérie a inscrit dans sa Constitution « la place particulière qu’elle accorde à sa communauté nationale à l’étranger », stipulant expressément que l’État protège les droits et intérêts de ses citoyens établis hors du territoire. « Cette orientation, qui considère la communauté nationale à l’étranger comme partie intégrante de la Nation, témoigne de l’intérêt qu’accorde le président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, à notre communauté à l’étranger, qu’il place au cœur de ses préoccupations », a affirmé le Premier ministre. Il a particulièrement mis en avant l’intégration de la dimension « communauté nationale à l’étranger » dans la dénomination même du ministère des Affaires étrangères, ainsi que la nomination d’un secrétaire d’État dédié, « des démarches qui traduisent explicitement la mobilisation d’une partie de l’activité gouvernementale au service de la communauté à l’étranger ».

Régulariser la situation des sans-papiers à l’étranger

Évoquant le récent appel du président Tebboune aux jeunes Algériens se trouvant à l’étranger en situation précaire et irrégulière, Sifi Ghrieb a qualifié « la décision de régularisation de la situation de ces Algériens et de ces Algériennes » de « preuve supplémentaire de cet engagement permanent à protéger les enfants de l’Algérie ». Il a exigé des chefs de postes consulaires qu’ils « déploient les efforts requis pour suivre sa mise en œuvre, à la mesure de l’importance accordée par les hautes autorités du pays à l’ancrage du principe de protection de nos citoyens, toutes catégories confondues, en toutes circonstances et où qu’ils se trouvent ». Le Premier ministre a défini plusieurs axes prioritaires pour moderniser l’action consulaire. Parmi eux figure « le renforcement du processus de transformation numérique des services consulaires, en tant que pilier essentiel de la réforme du système consulaire ». L’objectif est de concevoir « des solutions pratiques répondant aux besoins changeants de la communauté nationale à l’étranger, notamment dans les domaines économique, culturel et de la communication ».

M. Ghrieb a également insisté sur « la poursuite de la simplification des procédures administratives pour garantir des services consulaires de qualité » et l’adaptation de la gestion consulaire « aux diverses évolutions administratives que connaît la communauté nationale à l’étranger ». Ces mesures s’inscrivent dans une volonté plus large de « continuer à soutenir le rôle du réseau diplomatique et consulaire dans le développement de ses méthodes de travail afin qu’il puisse s’acquitter pleinement des missions qui lui incombent ».

Les consulats, leviers du développement économique

Le Premier ministre a souligné que « le rôle des centres consulaires ne doit pas se limiter aux prestations purement administratives, aussi importantes soient-elles, mais englober d’autres aspects, tout aussi importants, que la réalité actuelle impose ». Il a notamment évoqué « un contexte marqué par la montée de l’islamophobie, de la discrimination raciale et des tensions identitaires », appelant les services consulaires à jouer un rôle protecteur renforcé. Mais c’est surtout la dimension économique qui a été mise en avant. Sifi Ghrieb a appelé à « mobiliser l’appareil consulaire pour en faire un levier de développement, notamment en mettant en avant le climat des affaires et de l’investissement en Algérie, à la lumière des réformes économiques mises en œuvre par les pouvoirs publics ». L’appareil consulaire doit, selon lui, « contribuer à faire connaître les opportunités d’investissement qu’offre l’économie algérienne » et « mettre en place des mécanismes adéquats pour permettre aux membres de la communauté nationale à l’étranger de renforcer leur rôle dans le soutien à l’investissement et de concrétiser leurs propres projets sur le territoire national ».

Le Premier ministre a également insisté sur « la nécessité d’accorder une attention particulière aux étudiants algériens à l’étranger et de contribuer au renforcement du réseautage entre les compétences nationales de la diaspora et les différents établissements nationaux de recherche et économiques ». Cette approche vise à capitaliser sur le potentiel scientifique et intellectuel de la communauté établie hors du territoire.

Enfin, M. Ghrieb a appelé les services consulaires à « contribuer au renforcement du rayonnement culturel international de l’Algérie, à la mise en valeur de son patrimoine historique et civilisationnel et à la promotion de la destination Algérie, en tant que choix touristique authentique ». Il a souligné l’importance de « prendre davantage de mesures pour faciliter l’octroi de visas d’entrée sur le territoire national au profit des catégories concernées ». Cette conférence marque ainsi une volonté politique affirmée de repenser en profondeur le rôle des services consulaires, qui doivent désormais concilier leur mission traditionnelle de protection avec de nouvelles responsabilités dans les domaines économique, culturel et scientifique, au service d’une diaspora considérée comme « partie intégrante de la Nation ».

Hocine Fadheli

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