Stratégie nationale de lutte contre le cancer : Un objectif 60% de dépistage précoce d’ici 2030
L’Algérie a franchi un cap majeur dans la lutte contre le cancer en portant à 50% le taux de dépistage au premier stade de la maladie, contre 40% de diagnostics tardifs du cancer du sein en 2000, et ambitionne d’atteindre 60% de détection précoce d’ici 2030, dans le cadre d’une stratégie nationale globale impliquant pouvoirs publics, industrie pharmaceutique et société civile face aux 55.000 nouveaux cas recensés annuellement. Une rencontre nationale regroupant plus de 70 associations d’aide aux cancéreux a été organisée mardi à Alger par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, en collaboration avec la Fédération algérienne des patients atteints de cancer. Cette mobilisation, qui coïncide avec la Journée mondiale de lutte contre le cancer, s’inscrit dans le cadre de la stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035, adoptée en application des orientations du président de la République, Abdelmadjid Tebboune. Le président de la Commission nationale, le professeur Adda Bounedjar, a souligné que cette rencontre visait à examiner les voies de renforcement de la coopération et de la coordination entre les secteurs, les organismes publics et la société civile. Il a précisé que l’Algérie recense plus de 55.000 cas de cancer par an, ce qui a conduit les autorités à intensifier leurs efforts pour faire face à cette maladie. Insistant sur l’importance du diagnostic précoce pour préserver la vie des malades, le professeur Bounedjar a affirmé que « grâce aux efforts considérables déployés, l’Algérie a réussi à atteindre un taux de 50% de dépistage au premier stade de la maladie et ambitionne d’atteindre 60% en 2030, conformément aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé ». Le responsable a également souligné les progrès réalisés en matière de détection précoce du cancer du sein, précisant que « le taux de diagnostic à un stade avancé était estimé à 40% en 2000, contre 18% actuellement ». Il a qualifié cette évolution d’indicateur positif à l’actif de l’Algérie, qui œuvre à réduire ce taux à moins de 10%, notant au passage que l’âge moyen d’atteinte est passé de 47 à 52 ans. S’agissant des médicaments anticancéreux, le professeur Bounedjar a précisé qu’ils sont « disponibles, notamment en ce qui concerne l’immunothérapie et les thérapies ciblées, tandis qu’une nouvelle dotation est attendue au cours de cette année ». La rencontre a été marquée par l’organisation de quatre ateliers de travail portant sur la prévention du cancer à travers le dépistage précoce, notamment pour les types de cancer les plus répandus tels que le cancer du sein et de la prostate, ainsi que sur le rôle des associations dans la transmission d’une information fiable. Le président de la Commission a également rappelé la campagne de vaccination que l’Algérie s’apprête à lancer cette année contre certains types de cancer, révélant que le pays s’emploie à lancer prochainement une campagne de vaccination contre les cancers induits par le papillomavirus humain, à l’instar du cancer du col de l’utérus, cette mesure ayant démontré son efficacité dans de nombreux pays. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouacim Kouidri, a salué l’organisation de cette rencontre qui intervient dans « une conjoncture où les institutions de l’État renforcent leur approche globale en matière de prévention de cette maladie et de prise en charge des patients, suivant une stratégie intégrée où l’industrie pharmaceutique occupe une place importante ». Il a mis en avant « l’importance majeure qu’accorde le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, à la stratégie nationale de prévention contre le cancer ». Le ministre a souligné la « responsabilité centrale » de son secteur dans la réussite de la stratégie nationale, à travers « la fourniture des médicaments destinés au traitement de cette maladie et la poursuite du développement de leur fabrication locale, dans le cadre du renforcement de la souveraineté sanitaire et pharmaceutique ». Il a relevé que le marché pharmaceutique national « compte 10 établissements spécialisés dans la production de médicaments anticancéreux, assurant la production de 450 médicaments ». La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition de la femme, Soraya Mouloudji, a salué le rôle du mouvement associatif dans ce domaine, qui constitue un « levier essentiel des différentes politiques adoptées en matière de lutte contre le cancer et le renforcement des mécanismes de prévention, tout en apportant le soutien nécessaire aux malades, notamment sur le plan psychologique ». Elle a souligné que son secteur « veille à la protection de la femme sur tous les plans, notamment sanitaire », notant que « le cancer du sein arrive en tête des cancers touchant les femmes à l’échelle mondiale ». Le Secrétaire général du ministère de la Santé, Mohamed Talhi, a précisé que cette rencontre reflétait « la volonté commune des différents acteurs, notamment les institutions officielles, les organisations internationales, et les experts et associations, de faire face à l’un des défis sanitaires les plus graves de notre époque ». La présidente de la Fédération algérienne des associations de patients atteints de cancer, Hamida Kettab, a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts afin de garantir « une prise en charge optimale des malades ».
Lyna Larbi

