Une unité de fabrication de kits de diagnostic rapide des drogues en projet
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Ouassim Kouidri, a dévoilé jeudi une série de projets ambitieux destinés à consolider l’autonomie sanitaire de l’Algérie et à réduire la dépendance du pays vis-à-vis des importations de produits pharmaceutiques et vétérinaires. Des annonces intervenues dans le cadre d’une tournée de travail et d’inspection menée dans les wilayas d’Oran et de Mostaganem, en compagnie des walis Brahim Ouchène et Ahmed Boudouh.
À Oran, le ministre a révélé que le groupe public Saidal « se prépare à l’ouverture d’une unité de fabrication de kits de diagnostic rapide des drogues » dans cette wilaya de l’ouest du pays. Lors d’une déclaration à la presse, M. Kouidri a souligné l’importance stratégique de l’entrée en production de cette nouvelle infrastructure, précisant que « le taux d’avancement des travaux du projet a atteint 25%, avec la mise à disposition de l’ensemble des équipements nécessaires ». Cette unité devrait créer, dans une première phase, entre 50 et 60postes d’emploi, contribuant ainsi au développement économique local. Le directeur général par intérim du groupe Saidal, Mourad Benkhelfa, a apporté des précisions techniques sur les capacités de cette future usine. Il a expliqué qu’elle produira plusieurs types de kits de dépistage, « notamment ceux relatifs aux drogues ainsi que d’autres destinés à la détection de diverses maladies, dont certains types de cancer ». Les ambitions sont importantes puisque la production de cette unité portera sur 30 types de kits dans un premier temps, avec une possibilité d’extension future à 85 types. La capacité de production est estimée à 8,9 millions réactifs par an, selon les informations fournies sur place. Le ministre a également annoncé qu’un autre projet d’usine est en préparation dans la même zone, celle-ci étant dédiée à la production de réactifs biochimiques, avec une mise en exploitation prévue « d’ici un an ». Durant sa visite à Oran, M. Kouidri a également inspecté les installations des usines Inotis, spécialisée dans la fabrication de matières premières non tissées à usage médical et sanitaire, ainsi qu’Hygimed, consacrée à la fabrication et à la distribution de dispositifs médicaux à usage unique. À Mostaganem, le ministre a dévoilé un projet encore plus ambitieux avec l’annonce de la réalisation d’un grand centre national spécialisé dans la recherche en virologie. Ce projet s’inscrit dans une approche intégrée adoptée par l’Algérie pour renforcer la recherche scientifique et développer la fabrication de vaccins, en application des instructions du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, visant à consolider la sécurité sanitaire et alimentaire du pays. M. Kouidri a précisé lors de sa visite du projet de fabrication de vaccins vétérinaires que « ce centre spécialisé sera dirigé par un expert algérien disposant de plus de quarante ans d’expérience dans le domaine de la virologie ». Il a ajouté que « la production des médicaments et des produits liés aux activités de ce centre sera assurée au niveau du groupe Saidal ». Dans l’attente de la concrétisation de ce projet stratégique, le groupe a réservé un espace provisoire pour ce centre au sein du Centre de recherche et développement à Alger, afin de lancer les travaux théoriques et pratiques, les opérations de fabrication devant être réalisées dans les unités de production existantes.
Vaccins vétérinaires
Le ministre a insisté sur un point crucial : la production nationale de vaccins doit être conforme à la nature des virus circulant en Algérie et à leurs mutations, afin de garantir une plus grande efficacité en matière de prévention et de traitement. Cette approche témoigne d’une volonté de développer une industrie pharmaceutique adaptée aux spécificités épidémiologiques du territoire national. Toujours à Mostaganem, M. Kouidri a supervisé la relance d’un projet vital pour le secteur vétérinaire : l’unité industrielle de production de matières premières et de vaccins vétérinaires relevant du groupe Saidal. Dans une déclaration à la presse, le ministre n’a pas caché son mécontentement concernant les retards accumulés, qualifiant l’arrêt de ce projet d' »inacceptable » car ayant « entraîné un gaspillage de devises ». Il a souligné que l’État est actuellement contraint d’importer des vaccins vétérinaires à des prix élevés afin de préserver la santé et la sécurité du cheptel national. Le ministre a également pointé du doigt les charges supplémentaires engendrées par l’acheminement de ces vaccins vers l’Algérie, particulièrement dans un contexte marqué par la mutation des virus affectant les animaux, sans oublier les pertes subies par la richesse animale du pays. Face à cette situation, M. Kouidri a annoncé que « les travaux de réalisation du projet reprendront à compter d’aujourd’hui à un rythme accéléré, en vue d’un lancement de la production dans les plus brefs délais ».
Les données techniques révèlent que le taux de réalisation du complexe administratif a atteint 96%, tandis que les travaux des bâtiments de production affichent un taux d’avancement de 95%. La capacité de production devra atteindre 175 tonnes de matières premières par an. Cette unité devrait générer, dès son entrée en exploitation, cent vingt postes d’emploi et assurera la production complète de quatre types de médicaments vétérinaires. L’ensemble de ces projets témoigne d’une volonté politique forte de bâtir une industrie pharmaceutique nationale performante et autonome.
Samir Benisid

