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Pour avoir dénoncé les crimes de l’occupation sioniste : Washington impose de lourdes sanctions àFrancesca Albanese 

Les États-Unis ont imposé des sanctions financières à Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la Palestine, ainsi qu’à plusieurs responsables de la Cour pénale internationale, marquant une escalade sans précédent contre les mécanismes internationaux de défense des droits humains, alors que le bilan de l’agression sioniste contre Ghaza atteint 72.027 martyrs depuis octobre 2023 et que l’ONU alerte sur la détérioration dramatique de la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne assiégée.

Selon l’administration Trump, Francesca Albanese aurait formulé des accusations jugées « extrêmes et infondées » contre l’entité sioniste et encouragé la CPI à ouvrir des enquêtes liées aux événements à Ghaza et en Cisjordanie. Les sanctions incluent le gel des avoirs et des restrictions financières, assimilées par des experts à des mesures habituellement réservées à des individus classés « à risque terroriste ». Cette décision représente une inflexion majeure de la politique américaine à l’égard des mécanismes internationaux de justice et de droits humains, traduisant la volonté de Washington de protéger l’entité sioniste de toute forme de responsabilité juridique internationale.

D’après une enquête de Reuters, des lettres confidentielles de Francesca Albanese, adressées à de grandes entreprises américaines, les mettaient en garde contre un possible signalement à l’ONU pour une complicité présumée dans des violations des droits humains. Parmi les groupes visés figurent Alphabet, Amazon, Microsoft, Lockheed Martin, Caterpillar, Chevron et Palantir (cette dernière étant déjà mise en cause dans l’exploitation des données personnelles dans les rafles opérées par l’ICE aux USA), des multinationales dont les produits et services sont utilisés dans le cadre de l’occupation et de l’agression contre le peuple palestinien. Des organisations américaines ont, dans ce contexte, sollicité l’intervention directe de la Maison-Blanche pour faire taire la rapporteuse onusienne et entraver son travail de documentation des violations.

En parallèle, Washington a également sanctionné huit juges et trois procureurs de la Cour pénale internationale, une décision dénoncée par plusieurs observateurs comme une atteinte à l’indépendance de la justice internationale. Ces sanctions visent notamment les magistrats impliqués dans l’émission de mandats d’arrêt contre des dirigeants israéliens pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Cette offensive américaine contre les instances judiciaires internationales intervient alors que ces dernières s’apprêtaient à franchir des étapes décisives dans la poursuite des responsables de l’agression génocidaire contre Ghaza.

Sur le terrain, la situation humanitaire continue de se détériorer de manière dramatique dans la bande de Ghaza. Selon le nouveau bilan des autorités sanitaires palestiniennes publié samedi, l’agression génocidaire sioniste a fait 72.027 martyrs et 171.651 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Les corps de deux martyrs et vingt-cinq personnes blessées ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza au cours des dernières 24 heures, tandis que de nombreuses victimes se trouvent encore sous les décombres, leurs corps inaccessibles en raison de la destruction systématique des infrastructures et de l’interdiction imposée par l’occupation à l’entrée des équipements nécessaires au déblaiement. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier, 576 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.543 autres ont été blessés, tandis que les corps de 717 martyrs ont été récupérés, selon les autorités sanitaires. Ces chiffres témoignent de la poursuite des violations israéliennes du protocole humanitaire de l’accord de cessez-le-feu, notamment à travers des frappes aériennes ciblées et des tirs de snipers contre des civils. Le Fonds des Nations unies pour l’enfance a alerté samedi sur la détérioration dramatique de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza, qualifiant les conditions de vie d’extrêmement fragiles et mortelles pour des milliers d’enfants. L’UNICEF a déploré dans un communiqué que « à Ghaza, les enfants continuent de subir les frappes aériennes sionistes dans un contexte d’effondrement quasi total des systèmes de santé, d’accès à l’eau et d’éducation », ajoutant que « la survie y est devenue un combat quotidien ». L’organisation onusienne dénonce également l’incapacité de la communauté internationale à protéger les populations les plus vulnérables et appelle à l’ouverture de couloirs humanitaires pour permettre l’acheminement urgent de l’aide aux habitants de l’enclave palestinienne assiégée.

Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a réitéré son appel au respect du droit international et à la protection des civils dans la bande de Ghaza. Le Bureau a indiqué que les Nations unies poursuivent leur soutien aux évacuations médicales via Rafah et continuent de plaider pour la réouverture du mécanisme des références médicales vers la Cisjordanie, avertissant par ailleurs contre la poursuite des déplacements de population en Cisjordanie occupée, résultant des violences des colons et des opérations de démolition. En Cisjordanie occupée, la situation n’est guère meilleure. Les Nations unies ont mis en garde contre la poursuite du déplacement forcé des Palestiniens, qui a atteint des niveaux élevés dans un contexte marqué par une recrudescence des violences des colons sionistes et des opérations de démolition. Plus de 900 Palestiniens ont été contraints de quitter leurs habitations depuis le début de l’année 2026. Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a estimé que le nombre élevé de personnes déplacées est dû, en grande partie, à la violence des colons et aux restrictions d’accès, notamment à travers les démolitions, soulignant que le phénomène connaît une escalade préoccupante au cours des dernières semaines.

Lors d’un point de presse, Dujarric a indiqué que l’OCHA a documenté, durant la période allant du 20 janvier jusqu’à lundi dernier, plus de cinquante attaques menées par des colons sionistes, ayant causé des victimes palestiniennes et d’importants dégâts matériels. Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a mis en garde contre de nouvelles opérations sionistes et des projets de colonisation en Cisjordanie, y compris à Al-Qods occupée, susceptibles de compromettre gravement la viabilité d’un État palestinien et de menacer le droit du peuple palestinien à l’autodétermination. Il a souligné que le déplacement forcé et la violence des colons, parallèlement à l’expansion coloniale illégale, se déroulent dans un climat d’impunité généralisée, appelant les États à agir immédiatement afin de mettre un terme à la colonisation.

Lyes Saïdi

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