Risques sismiques : L’Algérie lance la révision de son système parasismique face aux défis climatiques
Le ministère des Travaux publics et des Infrastructures de base a lancé samedi la révision du système parasismique national applicable aux ouvrages d’art, en vigueur depuis 2008, dans un contexte marqué par une activité sismique récurrente et les défis croissants liés aux changements climatiques. Dans une allocution lue en son nom par le chef de cabinet Mohamed Mohieddine, lors d’un séminaire national organisé à l’École supérieure de management des travaux publics, le ministre a souligné que cette rencontre se tient « dans un contexte national empreint de fierté, suite à la concrétisation de grands projets stratégiques réalisés par des compétences nationales et selon des standards techniques élevés, reflétant la maturité de l’école d’ingénierie algérienne dans le domaine des infrastructures de base ». Selon le communiqué du ministère, le lancement de cette opération de révision intervient « dans un contexte d’activité sismique récurrente que connaissent certaines régions du pays, notamment celles du Nord, ainsi que face aux défis croissants liés aux changements climatiques, tels que les inondations, les glissements de terrain et les tempêtes ». Ces facteurs imposent, selon le ministre, « l’adoption d’ouvrages répondant à des standards élevés de sécurité garantissant leur pérennité et leur continuité fonctionnelle ». Le communiqué précise que les études techniques ont démontré que les ouvrages conçus selon le système actuel disposent d’une capacité de résistance aux séismes largement supérieure à celle des anciennes structures. Toutefois, « les évolutions scientifiques et techniques récentes dans les domaines de la modélisation numérique et de l’analyse dynamique, ainsi que les nouvelles normes internationales, imposent la révision et l’actualisation de ce système selon une approche moderne basée sur l’évaluation périodique des risques et l’intégration d’outils de surveillance intelligents ».
Dans ce cadre, le ministre a insisté sur la nécessité d’adopter « une approche nationale globale de gestion des risques majeurs, ne se limitant pas aux seuls séismes, mais englobant l’ensemble des risques naturels, à travers la prévision, l’analyse préventive et la coordination sectorielle continue, garantissant ainsi la protection des citoyens, des biens et des infrastructures de base ». Le ministère a annoncé l’installation d’une commission nationale spécialisée composée d’experts, d’universitaires et d’ingénieurs issus de différents secteurs, ainsi que la création de groupes de travail pluridisciplinaires. Ces instances seront chargées d’élaborer un plan d’action global à partir des recommandations issues du séminaire, qui sera suivi d’une seconde consultation nationale avant la finalisation, l’adoption et l’entrée en vigueur du nouveau système. Le communiqué a mis en avant « le rôle central de l’Organisme national de contrôle technique des travaux publics en tant que garde-fou technique des projets nationaux », ainsi que celui de l’École supérieure de management des travaux publics qui accompagnera ce processus « à travers la formation, le développement des compétences et l’intégration des technologies modernes dans les domaines de la conception parasismique et de la gestion des risques ». En conclusion, le ministre a souligné que « le succès de cette révision se mesure à sa capacité à faire du nouveau système un outil pratique et efficace, se traduisant sur le terrain par des recommandations précises et applicables, constituant une feuille de route pour un cadre juridique et technique moderne ». L’objectif affiché est de faire « de la sécurité des infrastructures de base et des citoyens une priorité absolue face aux défis naturels et climatiques actuels et futurs ». Cette initiative témoigne de la volonté des pouvoirs publics d’anticiper les risques et d’adapter les normes de construction aux évolutions scientifiques et aux réalités du terrain, dans une démarche alliant expertise nationale et standards internationaux.
Amar Malki

