Économie

FMI : Les BRICS présentent une proposition unifiée de réforme 

Les ministres des Finances des pays membres des BRICS ont adopté samedi une position commune sans précédent pour réformer en profondeur le Fonds monétaire international, marquant ainsi une offensive diplomatique coordonnée contre l’hégémonie occidentale sur les institutions financières mondiales. Cette déclaration conjointe, issue des réunions ministérielles de Rio de Janeiro, constitue la première initiative unifiée du groupe des économies émergentes visant à restructurer radicalement le système de gouvernance du FMI, notamment en réclamant une redistribution des quotes-parts et des droits de vote pour mieux refléter les réalités économiques contemporaines. L’enjeu principal de cette mobilisation concerne la réunion de révision des quotes-parts du FMI prévue en décembre prochain, où sera débattue une refonte du système qui détermine les contributions financières et l’influence politique de chaque État membre au sein de l’institution de Bretton Woods. Les ministres des Finances ont explicitement demandé que la restructuration des quotes-parts reflète le poids relatif des membres dans l’économie mondiale contemporaine, tout en préservant les intérêts des pays à faible revenu, une position qui traduirait un rééquilibrage significatif au profit des économies émergentes et en développement. Cette revendication s’accompagne d’une proposition technique précise élaborée par les experts du groupe, qui prévoit une nouvelle formule de calcul intégrant le produit intérieur brut, la parité de pouvoir d’achat et la valeur relative des devises nationales, comme l’a précisé un responsable brésilien impliqué dans les négociations. Cette approche méthodologique vise à garantir une représentation plus équitable des économies émergentes dont le dynamisme économique n’est pas suffisamment pris en compte par les mécanismes actuels de pondération. Au-delà des aspects techniques, les BRICS s’attaquent frontalement à l’un des symboles les plus emblématiques de la domination occidentale sur l’architecture financière internationale en réclamant la fin du monopole européen sur la présidence du FMI. Cette tradition non écrite, héritée des accords de Bretton Woods de 1944, constitue ce que les ministres qualifient de « gentleman’s agreement » obsolète qui confie systématiquement la direction du FMI à un Européen et celle de la Banque mondiale à un Américain, une pratique jugée anachronique dans le contexte géopolitique actuel. La déclaration insiste sur la nécessité de renforcer la représentation régionale au sein de la direction du FMI, tout en respectant un processus de sélection fondé sur le mérite, une formulation diplomatique qui masque difficilement la volonté des pays émergents d’accéder aux postes de direction des institutions financières internationales. Les discussions ministérielles de Rio de Janeiro préparent également le terrain pour le prochain sommet des dirigeants des BRICS, qui se tiendra dans la métropole brésilienne avec l’ambition affichée de parler d’une seule voix au nom des pays en développement et d’impulser une refonte de l’ordre économique international. Cette stratégie s’accompagne d’initiatives concrètes visant à créer des alternatives aux mécanismes financiers occidentaux, notamment à travers les discussions en cours sur la création d’un mécanisme de garantie adossé à la Banque nationale de développement des BRICS, destiné à réduire les coûts d’emprunt et à stimuler les investissements dans les économies émergentes, comme l’avait révélé Reuters en milieu de semaine. Cette initiative financière s’inscrit dans une démarche plus large de diversification des sources de financement pour les pays en développement, qui cherchent à réduire leur dépendance vis-à-vis des institutions dominées par les pays occidentaux.

Sabrina Aziouez

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