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Mesures discriminatoires imposées par Retailleau aux diplomates algériens en poste en France : Alger riposte !

En stricte application du principe de la réciprocité, le directeur des Immunités et privilèges diplomatiques au ministère des Affaires étrangères a procédé à la récupération de l’ensemble des titres d’accès privilégiés aux ports et aéroports algériens accordés à l’ambassade de France en Algérie.

La tension monte de nouveau d’un cran entre Alger et Paris, alimentée par la campagne résolument anti-algérienne menée par le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau. L’Algérie a décidé samedi de répliquer fermement aux mesures discriminatoires imposées par le ministre français de l’Intérieur Bruno Retailleau contre les diplomates algériens en poste en France. Face à ces violations flagrantes du droit international et des conventions diplomatiques, Alger a choisi la voie de la réciprocité, démontrant sa détermination à faire respecter sa souveraineté et la dignité de sa représentation diplomatique.

Le chargé d’affaires de l’ambassade de France en Algérie a été convoqué pour la deuxième fois en moins de 48 heures au siège du ministère des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger. Cette nouvelle convocation intervient « au sujet de la persistance des entraves rencontrées par l’ambassade d’Algérie à Paris quant à l’acheminement et à la récupération des valises diplomatiques, en violation des obligations internationales du Gouvernement français », selon le communiqué officiel du département d’Ahmed Attaf. Ces entraves, qui portent atteinte aux privilèges diplomatiques les plus élémentaires, constituent une violation caractérisée de la Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961, dont la France est pourtant signataire.

La gravité de la situation s’est encore aggravée lorsque les autorités françaises ont étendu leurs mesures restrictives au-delà de l’ambassade d’Algérie. Comme l’indique le communiqué du ministère des Affaires étrangères, « initialement limitées à l’ambassade d’Algérie en France, ces entraves viennent d’être étendues aux postes consulaires algériens, en dépit de l’engagement pris par le Quai d’Orsay de faire en sorte que cette mesure soit reconsidérée ». Cette extension démontre non seulement la mauvaise foi des autorités françaises, mais aussi leur mépris des engagements pris par leur propre ministère des Affaires étrangères, révélant une coordination défaillante au sein de l’appareil d’État français et une tendance inquiétante à l’unilatéralisme.

Confrontée à cette escalade inacceptable, l’Algérie a réagi avec mesure mais fermeté, appliquant le principe diplomatique universellement reconnu de la réciprocité. « En stricte application du principe de la réciprocité, le directeur des Immunités et privilèges diplomatiques au ministère des Affaires étrangères a procédé à la récupération de l’ensemble des titres d’accès privilégiés aux ports et aéroports algériens accordés à l’ambassade de France en Algérie », précise le communiqué. Cette mesure, parfaitement légale et proportionnée, constitue une réponse logique aux agissements français et s’inscrit dans le respect du droit international qui consacre le principe de réciprocité dans les relations diplomatiques.

Les agissements du ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau, qui a pris ces décisions de manière unilatérale sans même consulter le Quai d’Orsay, révèlent un dysfonctionnement profond au sein de l’exécutif français. Ses déclarations selon lesquelles « la diplomatie des bons sentiments a échoué » et que « la France doit devenir carnivore » dans sa stratégie vis-à-vis de l’Algérie témoignent d’une approche hostile et archaïque qui rompt avec les codes diplomatiques et le respect mutuel qui doivent présider aux relations entre États souverains. Ces propos, dignes d’une autre époque, contrastent singulièrement avec les efforts de normalisation et de coopération que l’Algérie n’a cessé de privilégier malgré les tensions récurrentes.

La haine de l’Algérie comme thème de campagne

L’extension des mesures restrictives aux déplacements des diplomates algériens sur le territoire français, contraints désormais de signaler chacun de leurs déplacements hors de Paris, constitue une nouvelle atteinte aux privilèges diplomatiques. Si l’Algérie applique effectivement de telles mesures depuis les années 1990, c’est dans un contexte sécuritaire spécifique et pour assurer la protection de tous les diplomates étrangers sans exception, et non comme un instrument de pression politique. La comparaison établie par les autorités françaises relève donc de la mauvaise foi et tente de justifier l’injustifiable.

Cette crise révèle également les divergences profondes au sein de l’exécutif français, où le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot s’est trouvé contraint de désavouer publiquement les initiatives de son collègue de l’Intérieur. L’annulation d’une rencontre prévue entre Retailleau et le président Emmanuel Macron témoigne de l’embarras que suscitent ces déclarations et ces mesures au plus haut niveau de l’État français. Cette cacophonie gouvernementale nuit non seulement à la crédibilité de la France sur la scène internationale, mais complique également toute perspective de dialogue constructif.

Cette crise diplomatique s’inscrit dans un contexte plus large de dégradation du climat franco-algérien, alimenté par la montée d’un discours anti-algérien qui a refait surface sur les plateaux de certains médias d’extrême droite français. Cette campagne de dénigrement, qui accompagne les mesures discriminatoires prises par les autorités françaises, témoigne d’une dérive inquiétante. Elle révèle également comment certains milieux français instrumentalisent la relation avec l’Algérie à des fins de politique intérieure, au mépris des intérêts stratégiques des deux pays.

Face à cette escalade multiforme, l’Algérie maintient sa position de principe tout en gardant la porte ouverte au dialogue, pour autant que la France respecte ses obligations internationales et traite l’Algérie avec la dignité et le respect dus à un État souverain. La voie de la réciprocité choisie par Alger constitue une réponse mesurée et proportionnée qui vise à faire comprendre aux autorités françaises que leurs agissements ne resteront pas sans conséquences et que l’Algérie ne saurait accepter d’être traitée autrement qu’en partenaire égal et respecté, loin des campagnes de stigmatisation qui polluent le débat public français.

Salim Amokrane

admin

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