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Ghaza : L’OMS et l’ONU alertent sur une catastrophe humanitaire sans précédent

Plus de 69 000 Palestiniens ont été tués depuis le 7 octobre 2023 dans la bande de Ghaza, tandis que l’Organisation mondiale de la Santé et les Nations unies tirent la sonnette d’alarme face à la détérioration catastrophique des conditions de vie et au blocage de l’aide humanitaire par l’occupation israélienne.

L’Organisation mondiale de la Santé et le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies ont lancé un cri d’alarme face à l’aggravation dramatique de la situation humanitaire dans la bande de Ghaza. Dans un communiqué publié samedi, l’OMS a révélé qu’environ 16 500 patients attendent toujours d’être évacués pour recevoir des soins médicaux à l’étranger, alors que des fournitures médicales essentielles restent bloquées à la frontière en raison des restrictions imposées par l’armée d’occupation israélienne. L’organisation internationale a appelé à la réouverture urgente du point de passage de Rafah et de tous les autres points d’accès, soulignant que Rafah constitue un corridor vital pour les évacuations sanitaires et l’acheminement des fournitures médicales vers l’enclave assiégée. Cette obstruction délibérée de l’aide humanitaire aggrave une situation déjà catastrophique pour plus de deux millions de Palestiniens piégés dans la bande de Ghaza. De son côté, l’OCHA a confirmé que des centaines de milliers de familles palestiniennes font face à l’arrivée de l’hiver sans protection ni abri sûr, après que leurs maisons ont été réduites en décombres par les bombardements incessants. L’organisation onusienne a également alerté sur l’effondrement du secteur agricole, notant que seulement 4% des terres cultivables restent exploitables, conséquence des destructions massives causées par l’offensive génocidaire en cours. Cette évaluation rejoint celle de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture qui avait récemment mis en garde contre une catastrophe humanitaire et agricole sans précédent. Dans son rapport annuel, la FAO a confirmé que moins de 5% des terres agricoles demeurent cultivables après que plus de 80% des zones cultivées ont été détruites par les bombardements israéliens, menaçant la sécurité alimentaire de toute la population de l’enclave.

Le bilan humain de cette agression continue de s’alourdir de jour en jour. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, le nombre de martyrs a atteint 69 176 morts et 170 690 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023. Au cours des dernières 24 heures seulement, les corps de sept martyrs et cinq blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses victimes demeurent encore ensevelies sous les décombres. Malgré l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, les violations israéliennes se poursuivent quotidiennement. Depuis cette date, 241 Palestiniens sont tombés en martyrs et 619 autres ont été blessés, tandis que les corps de 528 martyrs ont pu être récupérés des ruines. Dimanche, un citoyen palestinien a été tué lors d’une frappe de drone israélien sur la ville de Bani Suheila, à l’est de Khan Younès dans le sud de la bande de Ghaza, selon l’agence de presse palestinienne Wafa.

L’occupation israélienne continue de violer systématiquement l’accord de cessez-le-feu, tirant des balles à l’est de Khan Younès, tandis que les navires de guerre pilonnent les alentours du port de Ghaza et les zones orientales de Rafah. Cette violence persistante témoigne du mépris total de l’entité sioniste pour les accords internationaux et la vie des civils palestiniens.

La violence ne se limite pas à Ghaza. En Cisjordanie occupée, les attaques de colons sionistes contre les Palestiniens se multiplient avec une intensité alarmante. Samedi, des colons armés de bâtons, de matraques et de grosses pierres ont attaqué un groupe de villageois palestiniens, de militants et de journalistes réunis pour la récolte des olives près du village de Beita. Près de 50 colons masqués ont participé à cette agression, frappant violemment les participants, dont une journaliste-photographe de Reuters et son conseiller sécurité, tous deux portant pourtant des casques et des gilets marqués « Presse ». Selon un rapport publié vendredi par les Nations unies, les colons israéliens ont mené au moins 264 attaques en Cisjordanie occupée contre des Palestiniens en octobre, le plus haut total mensuel depuis 2006, date à laquelle l’ONU a commencé à comptabiliser ces incidents. Cette escalade de la violence coloniale se déroule dans l’impunité totale, les autorités de l’entité sioniste refusant systématiquement de poursuivre les auteurs de ces crimes.

Lyes Saïdi

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