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Sahara occidental : La 49e conférence Eucoco réaffirme le droit à l’autodétermination

Réunis à Paris pour la 49e conférence de la Coordination européenne de soutien et solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco), militants des droits humains et responsables sahraouis ont dénoncé les violations persistantes du Maroc contre les prisonniers politiques sahraouis et critiqué vivement les positions françaises dans ce conflit qui dure depuis un demi-siècle, tout en saluant la dernière résolution du Conseil de sécurité de l’ONU qui réaffirme le droit inaliénable du peuple sahraoui à l’autodétermination. La militante française des droits de l’Homme Claude Mangin, épouse du prisonnier politique sahraoui Naama Asfari, a livré un témoignage accablant sur les méthodes du régime marocain. « Les 19 prisonniers politiques sahraouis de Gdeim Izik qui sont complètement innocents et que l’ONU a déclaré qu’ils étaient en détention provisoire depuis 15 ans, méritent d’obtenir leur liberté », a-t-elle déclaré en marge de la conférence. La militante a dénoncé les tortures subies par ces détenus dans les geôles marocaines et les représailles exercées contre leurs familles. Elle a rappelé que depuis la condamnation du Maroc par le Comité contre la torture en 2016 pour les actes infligés à son époux, aucune enquête n’a été diligentée et aucune indemnisation n’a été accordée, malgré les recommandations internationales. « Chaque année, je peux dénoncer les représailles que je subis à cause du fait que je suis l’épouse de Naama Asfari en sollicitant notamment le Haut Conseil des droits de l’homme auquel le Maroc est obligé de répondre », a-t-elle expliqué, affirmant sa détermination à poursuivre le combat jusqu’à la libération des prisonniers. Claude Mangin est également revenue sur la marche qu’elle a entamée le 30 mars dernier à partir d’Ivry pour réclamer la liberté des prisonniers politiques sahraouis, initiative qui a permis de donner davantage de visibilité à la cause sahraouie. Elle a toutefois dénoncé l’instrumentalisation par le Maroc de sa communauté en France, qui a organisé des actions violentes dans les cinq villes ayant accueilli les manifestations de solidarité, avec ce qu’elle qualifie de complicité des préfectures locales.

Sur le plan diplomatique, le représentant du Front Polisario auprès des Nations unies et coordonnateur de la Minurso, Sidi Mohamed Omar, a analysé la portée de la résolution 2797 adoptée le 31 octobre 2025 par le Conseil de sécurité. « La dernière résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies a clairement mis à nu les tentatives de l’État d’occupation marocain de diffuser des mensonges pour masquer son échec à faire passer ses thèses coloniales au sein du Conseil », a-t-il affirmé. Le diplomate sahraoui a souligné que le texte insiste sur l’attachement aux principes de la Charte des Nations unies, notamment le droit des peuples à l’autodétermination, et que la solution doit être conforme à la volonté libre du peuple sahraoui et acceptée par son unique représentant légitime, le Front Polisario. Sidi Mohamed Omar a expliqué que malgré les tentatives du Maroc, soutenu par la France, d’introduire des approches coloniales dans la résolution, plusieurs États attachés au respect de la Charte de l’ONU ont contré ces manœuvres. Il a démenti la propagande marocaine suggérant que le texte mentionnerait plusieurs parties au conflit, rappelant que le Conseil de sécurité n’en identifie que deux : le Front Polisario comme représentant légitime du peuple sahraoui, et le Maroc en tant que puissance occupante. Le diplomate a insisté sur le fait que la résolution ne reconnaît aucune souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental et ne consacre pas son plan d’autonomie comme unique base de solution. Le Premier ministre sahraoui Bouchraya Hamoudi Bayoun a particulièrement ciblé la position française lors de sa conférence de presse. « Les positions de la France concernant le Sahara occidental sont en contradiction totale avec ses valeurs historiques de liberté, d’égalité et de fraternité », a-t-il déclaré, ajoutant que « sans le soutien apporté par la France depuis maintenant 50 ans, le Maroc aurait été vaincu militairement et politiquement ». Le chef du gouvernement sahraoui a dénoncé des positions qui selon lui soutiennent l’occupation et encouragent le Maroc à violer la légalité internationale ainsi que la Commission européenne à ne pas respecter les décisions de la Cour de justice de l’Union européenne. Bouchraya Bayoun a notamment critiqué l’accord récent entre la Commission européenne et le Maroc sur l’étiquetage des produits agricoles en provenance du Sahara occidental, encouragé selon lui par la France et l’Espagne en contradiction totale avec l’arrêt de la CJUE. « La partie sahraouie a exprimé sa volonté claire et nette d’engager des négociations directes et sans préalables avec le Maroc en se basant sur toutes les propositions sur la table », a-t-il assuré, précisant que les résultats des négociations doivent permettre de garantir le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et respecter les principes des Nations unies.

L.S.

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