Culture

Tamanrasset : Le Festival international de la musique du Sud célèbre les « Mélodies du Sahara »

La capitale de l’Ahaggar vibre depuis mardi soir au rythme de la première édition du Festival culturel international de la musique du Sud, manifestation inaugurale qui se prolongera jusqu’au 21 décembre et réunit une constellation d’artistes algériens et étrangers. Organisé dans une conjoncture particulièrement propice, en pleine saison touristique saharienne et durant les vacances d’hiver, cet événement culturel d’envergure ambitionne de devenir un rendez-vous incontournable dans le paysage festivalier national, tout en s’inscrivant dans une dynamique de valorisation du patrimoine musical méridional et de dialogue interculturel. La cérémonie d’ouverture, qui s’est déroulée à la Maison de la culture de Tamanrasset en présence des autorités locales et d’un représentant du ministère de la Culture et des Arts, a plongé le public dans une atmosphère festive portée par les prestations artistiques et folkloriques de formations locales. La troupe « Takouba » a donné le ton de cette soirée inaugurale placée sous le signe évocateur « Mélodies du Sahara », avant que ne se succèdent sur scène la troupe « El-Ferda » venue de Béchar, l’artiste Noura Guenaoua, la formation « Star guitare » de Tamanrasset et la troupe « Tikoubaouine » d’In-Salah, offrant au public des morceaux puisés dans leurs répertoires respectifs. 

Le commissaire du festival, Abdelhamid Bouhala, a précisé les contours de cette manifestation qui ne se limite pas aux seules représentations artistiques. Dans sa dimension académique, le programme prévoit en effet des communications portant sur « l’exploitation de la musique algérienne dans les œuvres théâtrales et cinématographiques », ainsi que sur « le rôle de la musique du Sud dans la promotion de l’identité nationale à travers l’animation des activités touristiques ». Des ateliers de formation, encadrés par des cadres d’instituts d’arts spécialisés, sont également programmés à l’intention des participants, créant ainsi un espace de transmission et de perfectionnement des savoirs musicaux. Pour M. Bouhala, « cette manifestation culturelle se veut être aussi un espace d’échanges culturels et une fenêtre sur les différents genres musicaux du sud du pays ». Le choix calendaire de l’événement répond à une stratégie délibérée visant à « permettre une large présence du public, des familles et des touristes », en capitalisant sur l’afflux de visiteurs caractéristique de la période hivernale dans les régions sahariennes.

Au-delà de sa dimension festive et pédagogique, le festival revêt une portée symbolique et diplomatique que souligne Abdelkader Bousmaha, également commissaire du festival selon les sources. Il estime que cette rencontre, qui rassemble des artistes venus d’Algérie mais aussi de Libye, de Palestine, du Sahara Occidental et du Niger, « n’est pas un simple événement récréatif, mais représente une passerelle civilisationnelle et un espace d’échange entre diverses cultures ». 

Nabil Hadji, représentant du ministère de la Culture et des Arts lors de la cérémonie d’ouverture, a inscrit cette initiative dans le cadre plus large de la politique culturelle nationale. Il a affirmé que ce festival constitue « un important rendez-vous culturel dans une région d’une riche culture », mettant en exergue « la diversité du patrimoine musical algérien, avec ses us et coutumes authentiques, expression de l’identité nationale ». Le haut responsable a également souligné que « le ministère de la Culture et des Arts veille à ce que l’intérêt voulu soit accordé aux différentes expressions artistiques », précisant qu’« à travers le Festival de la musique du Sud, qui réunit les musiques algérienne et africaine ainsi que les innovateurs algériens et ceux de pays frères et amis, la beauté et la créativité soient célébrées ». 

Cette première édition du Festival international de la musique du Sud s’inscrit ainsi dans une double perspective : valoriser localement les traditions musicales méridionales tout en les projetant sur la scène internationale, créer des ponts entre les cultures sahariennes et africaines tout en affirmant la spécificité et la richesse de l’identité musicale algérienne. 

M.S.

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