Économie

Crédits à la consommation : La Banque d’Algérie baisse les plafonds des taux d’intérêts 

La Banque d’Algérie a publié mercredi une nouvelle note fixant les plafonds des taux d’intérêts appliqués aux différentes catégories de crédits bancaires pour le premier semestre 2026. Ces seuils, au-delà desquels les taux sont jugés excessifs, affichent une tendance globalement baissière, notamment pour les crédits à la consommation qui reculent de 0,21 point à 10,36 %, tandis que les crédits à long terme enregistrent une légère hausse de 0,08 point à 6,40 %.

Cette note adressée aux banques et établissements financiers s’inscrit dans le dispositif de protection des consommateurs de services financiers contre toute surfacturation ou dérive excessive dans les taux appliqués. Le régulateur bancaire a ainsi défini les seuils à partir desquels un taux d’intérêt est considéré comme usuraire, c’est-à-dire dépassant significativement le taux moyen pratiqué sur le marché. Cette mise à jour semestrielle, calculée selon une méthodologie précise, reflète l’évolution des conditions de financement dans le secteur bancaire algérien. Pour les crédits à la consommation, le plafond a été établi à 10,36 %, soit une baisse de 0,21 point par rapport au semestre précédent. Cette catégorie de crédit, qui finance l’acquisition de biens et services par les ménages, s’était établie en moyenne à 9,42 % au cours du deuxième semestre 2025. La diminution de ce plafond traduit un léger assouplissement des conditions d’accès au crédit pour les particuliers, dans un contexte où le pouvoir d’achat des citoyens demeure une préoccupation centrale des pouvoirs publics.

Les crédits à court terme, essentiels pour le financement du cycle d’exploitation des entreprises, voient leur seuil plafonné à 7,56 %, enregistrant une baisse de 0,12 point. Cette évolution favorable devrait permettre aux opérateurs économiques de bénéficier de conditions de financement plus avantageuses pour leurs besoins de trésorerie. De leur côté, les crédits à moyen terme sont plafonnés à 6,93 %, soit une réduction de 0,06 point, tandis que les crédits à long terme connaissent une légère hausse de 0,08 point pour s’établir à 6,40 %. Cette légère progression du taux applicable aux financements de longue durée peut s’expliquer par les perspectives d’investissement et les risques associés aux engagements sur des périodes étendues.

Le secteur de l’habitat, pilier stratégique de la politique économique et sociale du pays, bénéficie d’un plafond de 7,55 %, soit une quasi-stabilité avec une hausse marginale de 0,01 point. Ce taux, calculé sur la base d’une moyenne de 6,86 % appliquée au deuxième semestre 2025, maintient des conditions relativement favorables pour l’accès à la propriété, conformément à la volonté des autorités de soutenir le marché immobilier et de faciliter l’accession au logement pour les citoyens. La maîtrise de ce taux s’inscrit dans la continuité des efforts déployés pour encourager l’investissement dans l’habitat et répondre aux besoins croissants en matière de logement.

Le leasing, mécanisme de financement alternatif prisé par les entreprises pour l’acquisition d’équipements et de véhicules sans immobiliser leur trésorerie, voit son plafond fixé à 11,01 %, soit une baisse significative de 0,38 point par rapport au semestre précédent. Cette diminution notable devrait stimuler le recours à cette formule de financement, particulièrement avantageuse pour les petites et moyennes entreprises qui cherchent à moderniser leur outil de production sans recourir à l’endettement bancaire traditionnel. Le taux moyen du leasing s’était établi à 10,01 % au cours du deuxième semestre 2025.

Quant aux découverts bancaires, facilité de trésorerie courante accordée aux clients disposant d’un compte bancaire, leur plafond a été arrêté à 8,26 %, affichant une baisse de 0,40 point par rapport au deuxième semestre 2025. Cette réduction substantielle du coût des découverts devrait alléger la charge financière pesant sur les particuliers et les entreprises confrontés à des besoins temporaires de liquidités. Le taux moyen des découverts était de 7,51 % au cours du semestre précédent.

Ces plafonds, renouvelables chaque semestre, sont calculés selon une méthodologie rigoureuse définie par la Banque d’Algérie. Ils se basent sur le taux effectif moyen pratiqué au semestre précédent par l’ensemble des banques et établissements financiers pour des opérations de même nature, majoré de 10 %. Cette formule, établie conformément à l’instruction de la Banque d’Algérie publiée en 2016 et modifiée en 2021, vise à maintenir un équilibre entre la viabilité économique des établissements bancaires et la protection des emprunteurs. Le communiqué de la Banque d’Algérie précise que « ces plafonds sont calculés sur la base du taux effectif moyen pratiqué au semestre précédent par les banques et établissements financiers pour des opérations de même nature, majoré de 10 % ».

Sabrina Aziouez

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