37 ONG interdites, MSF contrainte au départ : L’occupation sioniste étouffe l’aide humanitaire à Ghaza
L’entité sioniste a confirmé jeudi l’interdiction d’accès à la bande de Ghaza pour 37 organisations humanitaires internationales majeures, une décision qui contraint Médecins Sans Frontières à envisager la cessation de ses opérations dès le mois de mars. Cette offensive de l’occupation contre l’aide humanitaire risque de précipiter une catastrophe dans un territoire déjà exsangue après plus de deux ans d’agression génocidaire qui a fait 71.384 martyrs. Tel-Aviv a annoncé cette semaine l’interdiction de 37 organisations internationales dont le seul tort serait de refuser de communiquer la liste nominative de leurs employés palestiniens. Une exigence que MSF qualifie d’ingérence scandaleuse et que les défenseurs des droits humains dénoncent comme une tentative de contrôle politique sur l’action humanitaire indépendante. Face à cette offensive, Isabelle Defourny, médecin et présidente de MSF France, a prévenu samedi que son organisation pourrait cesser toutes ses activités dans la bande de Ghaza en mars si l’entité sioniste maintient cette interdiction.
L’enregistrement de MSF auprès des autorités d’occupation a expiré le 31 décembre 2025, et malgré des démarches entreprises depuis juillet pour son renouvellement, aucune réponse n’est parvenue à ce jour. Il ne reste plus que 60 jours pendant lesquels l’organisation peut techniquement opérer sans être réenregistrée. Au-delà, si l’entité sioniste persiste dans sa décision punitive, MSF devra abandonner les Palestiniens de Ghaza à leur sort. Une perspective d’autant plus dramatique que l’organisation déploie actuellement une quarantaine de personnels internationaux dans l’enclave assiégée et travaille aux côtés de 800 personnels palestiniens répartis dans huit hôpitaux.
Les conséquences d’un tel retrait imposé par l’occupation seraient dévastatrices pour une population palestinienne déjà au bord du gouffre. MSF s’est imposée comme le deuxième distributeur d’eau potable dans la bande de Ghaza, une ressource vitale dans un territoire où les infrastructures ont été systématiquement détruites par les bombardements sionistes. En 2025 seulement, les équipes ont pris en charge plus de cent mille personnes blessées, brûlées ou victimes de divers traumatismes. L’organisation se classe également au deuxième rang pour le nombre d’accouchements effectués, assurant la venue au monde de milliers de nouveaux-nés palestiniens dans des conditions d’extrême précarité. Isabelle Defourny a néanmoins précisé que du personnel international avait encore pu entrer dans Ghaza ces derniers jours, profitant des dernières semaines de ce délai administratif.
Cette offensive de l’occupation contre les organisations humanitaires survient dans un contexte où le bilan humain de l’agression sioniste contre Ghaza atteint des proportions apocalyptiques. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, 71.384 martyrs et 171.251 blessés, en majorité des femmes et des enfants, ont été recensés depuis le 7 octobre 2023. Au cours des seules dernières 48 heures, les corps de trois martyrs et 18 blessés ont été transférés vers les hôpitaux de Ghaza, tandis que de nombreuses victimes demeurent toujours ensevelies sous les décombres. Malgré l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu en octobre dernier, la violence se poursuit : 418 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.171 autres ont été blessés depuis cette date, tandis que 684 corps ont pu être récupérés des ruines.
L’année 2026 s’ouvre ainsi sur un tableau apocalyptique pour les habitants de Ghaza. Alors que le reste du monde célébrait le passage à la nouvelle année, les Palestiniens de l’enclave affrontaient la réalité des camps de déplacés et des quartiers réduits en poussière. Des centaines de milliers de personnes vivent toujours déracinées, entassées dans des tentes de fortune ou des bâtiments endommagés, sans accès fiable à l’eau, à l’électricité, aux soins de santé ou à l’assainissement. Les pluies hivernales ont aggravé leur calvaire, inondant les abris de fortune et transformant les allées des camps en bourbiers. « Le peuple palestinien doit être soutenu : il a enduré d’immenses souffrances », a déclaré Um Rabee Al-Malash devant sa tente. « Aidez-nous à reconstruire la bande de Ghaza, à instaurer la paix et à nous permettre d’avoir un État où nous pourrons vivre dans la paix et la sécurité. »
Cinquante-trois organisations non gouvernementales, dont Oxfam, Amnesty International, ActionAid, Handicap International et Action contre la Faim, ont publié vendredi un communiqué commun dénonçant cette décision de l’occupation. Elles soulignent que les nouvelles règles d’enregistrement imposées par l’entité sioniste menacent de suspendre les opérations humanitaires à un moment où les civils font face à des besoins immenses. Une famille sur quatre à Ghaza ne reçoit qu’un seul repas par jour, tandis que 1,3 million de personnes se retrouvent sans abris après les récentes tempêtes. Selon ces organisations, la révocation de leurs licences entraînera la fermeture de structures de santé, l’arrêt de la distribution alimentaire, l’effondrement des chaînes d’approvisionnement en abris et la suspension de soins vitaux.
Les ONG rappellent le prix du sang versé par les travailleurs humanitaires : plus de cinq cents d’entre eux ont été tués depuis octobre 2023, dont quinze membres de MSF, fauchés par les bombardements de l’armée d’occupation. Elles insistent sur le fait qu’elles ne peuvent partager aucune donnée personnelle sensible avec les parties au conflit sans violer les principes humanitaires, la protection des données et la sécurité de leurs travailleurs. Pour elles, il ne s’agit pas d’une question administrative mais d’un choix politique délibéré de l’occupation avec des conséquences prévisibles et catastrophiques. L’accès humanitaire est un droit légal, rappellent-elles, et non un privilège ou un outil politique aux mains d’une puissance occupante.
Les organisations humanitaires fournissent actuellement plus de la moitié de l’aide alimentaire à Ghaza, gèrent ou soutiennent soixante pour cent des hôpitaux de campagne, assurent près de trois quarts des activités de réalisation d’abris et tous les services de traitement pour les enfants atteints de malnutrition sévère. Cette décision de l’occupation crée un précédent dangereux en élargissant son contrôle sur les opérations humanitaires dans les territoires palestiniens occupés, en contradiction flagrante avec le cadre légal international et le rôle de l’Autorité palestinienne. Les ONG ont appelé les autorités sionistes à suspendre immédiatement ces mesures et les gouvernements donateurs à utiliser tous les moyens de pression pour garantir la protection de l’action humanitaire indépendante et neutre.
L.S.

