Les forces américaines capturent le président vénézuélien : Trump réveille les vieux démons !
Le président américain Donald Trump a ordonné samedi une attaque de grande envergure contre le Venezuela, conduisant à la capture de Nicolas Maduro. Cette opération militaire unilatérale, la plus directe des États-Unis en Amérique latine depuis l’invasion du Panama en 1989, suscite une vague de condamnations internationales et ravive le spectre de l’interventionnisme américain en Amérique latine.
Vers deux heures du matin, heure locale, de puissantes explosions ont secoué Caracas et ses environs. Le complexe militaire de Fuerte Tiuna, le plus grand du Venezuela, ainsi que la base aérienne de Carlota ont été visés par les forces spéciales américaines. Des colonnes de fumée s’élevaient dans le ciel de la capitale vénézuélienne tandis que le courant était coupé dans plusieurs quartiers. Quelques heures plus tard, Donald Trump annonçait sur son réseau Truth Social que Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores avaient été capturés et exfiltrés du pays. Le président américain a précisé lors d’une interview à Fox News qu’il avait suivi l’opération en direct, comme une émission télévisée, et que le couple présidentiel vénézuélien se trouvait désormais à bord d’un navire de guerre américain, en route vers New York où il devra répondre d’accusations « liées au trafic de drogue et au terrorisme ».
Cette intervention spectaculaire marque un tournant dans la politique étrangère américaine. Washington accuse depuis des mois Maduro de diriger un narco-État et d’avoir truqué les élections présidentielles, sans apporter la moindre preuve. Le dirigeant vénézuélien, au pouvoir depuis 2013 après avoir succédé à Hugo Chavez, a toujours démenti ces accusations, affirmant que les États-Unis cherchaient en réalité à prendre le contrôle des réserves pétrolières de son pays, les plus importantes au monde.
Une violation flagrante du droit international
La communauté internationale a fortement réagi aux actions de Washington. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a déclaré que l’opération militaire contrevenait au principe de non-recours à la force qui fonde le droit international, rappelant qu’aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l’extérieur. La France a particulièrement souligné que la multiplication des violations de ce principe par des nations investies de la responsabilité principale de membre permanent du Conseil de sécurité aurait de lourdes conséquences sur la sécurité mondiale. Le Premier ministre britannique Keir Starmer a insisté sur le respect du droit international, bien que le Royaume-Uni n’ait pas été impliqué dans les frappes. L’Union européenne, par la voix de sa cheffe de la diplomatie Kaja Kallas, a appelé à la retenue, tandis que l’Espagne s’est proposée comme médiateur.
Les condamnations les plus virulentes sont venues des alliés traditionnels du Venezuela et des pays d’Amérique latine. La Russie a exhorté Washington à libérer le président légalement élu d’un pays souverain, qualifiant l’attaque d’acte d’agression armée profondément préoccupant. La Chine s’est dite profondément choquée, condamnant fermement ce comportement hégémonique qui viole le droit international et menace la paix en Amérique latine. L’Iran a fustigé cette violation flagrante de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale. Le président colombien Gustavo Petro, proche de Maduro, a dénoncé une atteinte à la souveraineté de toute l’Amérique latine et ordonné le déploiement de troupes à la frontière avec le Venezuela, craignant une crise humanitaire.
Le président brésilien Lula da Silva a été particulièrement véhément, affirmant que ces actes franchissaient une ligne inacceptable et établissaient un précédent extrêmement dangereux. Il a averti qu’attaquer des pays en violation flagrante du droit international constituait le premier pas vers un monde de violence et de chaos où la loi du plus fort l’emporte sur le multilatéralisme. Le Mexique a rappelé l’article 2, paragraphe 4 de la Charte des Nations unies qui interdit le recours à la menace ou à l’emploi de la force contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout État. Cuba a dénoncé une attaque criminelle et un acte de terrorisme d’État contre le courageux peuple vénézuélien.
Un précédent qui inquiète
Cette intervention américaine ravive le souvenir douloureux de décennies d’ingérence dans les affaires intérieures des pays latino-américains. L’invasion du Panama en 1989 pour capturer Manuel Noriega, ancien collaborateur des services secrets américains poursuivi pour trafic de drogue, constitue le précédent le plus direct. Cette opération avait fait officiellement 500 morts, bien que des organisations non gouvernementales aient évoqué plusieurs milliers de victimes. Noriega avait été emprisonné plus de deux décennies aux États-Unis. Mais l’histoire de l’interventionnisme américain en Amérique latine remonte bien plus loin. En 1954, le président guatémaltèque Jacobo Arbenz avait été chassé du pouvoir par des mercenaires financés par Washington après une réforme agraire menaçant les intérêts de la United Fruit Corporation. La CIA avait reconnu en 2003 son rôle dans ce coup d’État mené au nom de la lutte contre le communisme. À Cuba, 1400 anticastristes entraînés par l’agence américaine avaient tenté en vain de renverser Fidel Castro lors du débarquement de la baie des Cochons en 1961. En République dominicaine, les marines américains étaient intervenus en 1965 pour étouffer un soulèvement en faveur du président de gauche Juan Bosch.
Washington a également soutenu activement plusieurs dictatures militaires considérées comme des remparts face aux mouvements de gauche. Les documents déclassifiés ont confirmé l’aide américaine au dictateur chilien Augusto Pinochet lors du coup d’État contre Salvador Allende en 1973. Le secrétaire d’État Henry Kissinger avait encouragé la junte argentine en 1976 à terminer rapidement sa sale guerre, qui a fait disparaître au moins 10 000 opposants. Dans les années 1970 et 1980, six dictatures du Cône Sud se sont alliées dans l’opération Condor pour éliminer des opposants de gauche, avec un soutien tacite américain.
Caracas dénonce une guerre coloniale
Sur le terrain vénézuélien, la situation restait confuse samedi en fin de matinée. La vice-présidente Delcy Rodriguez a déclaré ignorer où se trouvaient Maduro et son épouse, exigeant des États-Unis une preuve de vie du couple présidentiel. Le gouvernement vénézuélien a décrété l’état d’urgence nationale sur ordre de Maduro avant sa capture, dénonçant une très grave agression militaire ayant touché des zones civiles et militaires à Caracas ainsi que dans les États de Miranda, d’Aragua et de La Guaira. Les autorités vénézuéliennes ont affirmé que des civils et des militaires avaient été tués, sans donner de bilan précis, tandis que Trump a assuré qu’aucun Américain n’avait perdu la vie et que seuls deux hommes avaient été blessés.
Le ministre des Affaires étrangères vénézuélien Yván Gil Pinto a appelé les peuples et gouvernements du monde à se mobiliser en solidarité face à cette agression impériale. Il a accusé Washington de vouloir s’emparer des ressources stratégiques du Venezuela, notamment le pétrole et les minerais, et d’imposer un changement de régime en alliance avec ce qu’il a qualifié d’oligarchie fasciste. Le ministre de la Défense Vladimir Padrino a rejeté la présence de troupes étrangères qui n’ont laissé derrière elles que mort et destruction, tandis que le ministre de l’Intérieur Diosdado Cabello, apparu à la télévision nationale muni d’un casque et d’un gilet pare-balles, a exhorté ses concitoyens à ne pas coopérer avec l’ennemi terroriste.
Dans les rues de Caracas, le calme semblait être revenu après les explosions nocturnes, bien que des soldats patrouillent dans certains quartiers. Plusieurs pays, dont l’Iran et la Colombie, ont réclamé une intervention urgente du Conseil de sécurité de l’ONU pour examiner cette crise qui menace la stabilité de toute la région latino-américaine.
Lyes Saïdi

