Économie

Domaines : Le système d’information AMLAK généralisé

La Direction générale du Domaine national a annoncé dimanche dans un communiqué « la généralisation du système d’information AMLAK à l’ensemble des directions du cadastre, de la conservation foncière et des Domaines de l’Etat, en prévision de la délivrance du livret foncier électronique ». Cette plateforme informatique représente bien plus qu’une simple numérisation des archives existantes. Elle constitue une refonte complète du système de gestion foncière national, avec des implications majeures pour les citoyens, les investisseurs et l’économie dans son ensemble. Le système repose sur une architecture technique ambitieuse. Selon le communiqué, « AMLAK est un système d’information national unifié intégrant le cadastre général, la conservation foncière et les Domaines de l’Etat, et repose sur une base de données centrale nationale regroupant les données numériques relatives à ces fonctions, à même de garantir l’intégration, la précision et la fluidité dans l’échange d’informations ». Cette centralisation devrait permettre d’éliminer les incohérences et les redondances qui caractérisaient l’ancien système fragmenté.

La dimension gouvernance constitue un aspect central du projet. La plateforme intègre des mécanismes de traçabilité permettant de suivre chaque opération et d’en vérifier la conformité réglementaire. Cette transparence accrue devrait contribuer à réduire les risques de corruption et d’irrégularités dans un secteur historiquement sensible. Les décideurs disposent désormais d’indicateurs de performance en temps réel, facilitant le pilotage stratégique et l’allocation des ressources. Pour les usagers, les bénéfices concrets devraient se manifester rapidement. Le système promet une réponse immédiate aux demandes déposées dans les guichets administratifs, avec une réduction significative des délais de publicité foncière et de délivrance des documents officiels. Cette efficacité renforcée devrait alléger les contraintes bureaucratiques qui pèsent actuellement sur les transactions immobilières et foncières, stimulant potentiellement l’activité économique dans le secteur.

Livret foncier électronique

L’objectif ultime reste la dématérialisation complète du livret foncier. La DGDN indique qu’une fois les derniers ajustements techniques et organisationnels effectués, le livret papier sera progressivement remplacé par sa version électronique. Cette évolution marque une rupture dans la gestion de la propriété foncière, avec des services qualifiés de plus rapides, plus sûrs et plus fiables par les autorités. Le calendrier de développement impressionne par sa rapidité. Le système a été conçu et déployé en moins d’un an par les équipes internes de la DGDN, sous la coordination d’un comité pluridisciplinaire. Cette performance témoigne, selon le communiqué, du « niveau de maturité numérique et l’efficacité institutionnelle du secteur ». Le projet s’appuie sur les compétences locales en informatique, une approche qui favorise l’appropriation et la maintenance à long terme.

Cette initiative s’inscrit dans un processus plus vaste de modernisation entamé en amont. Des normes et solutions techniques pour les opérations de mise à jour avaient déjà été lancées lors de la production cadastrale depuis août 2025, préparant le terrain pour cette généralisation. Au-delà des aspects techniques, ce projet porte une ambition politique affirmée. La DGDN réaffirme dans son communiqué « son engagement ferme à poursuivre le processus de transformation numérique et à consacrer une administration publique moderne, efficace et transparente, faisant de la technologie un levier essentiel au service du citoyen et au soutien du développement national ». Cette déclaration résonne avec les objectifs de diversification économique et d’amélioration du climat des affaires que poursuit l’Algérie. Les enjeux économiques sont considérables. Un système foncier efficace et transparent constitue un prérequis pour attirer les investissements, faciliter l’accès au crédit immobilier et sécuriser les droits de propriété. La réduction des délais administratifs pourrait dynamiser le marché immobilier et faciliter les projets de développement. Reste maintenant à observer la mise en œuvre concrète de cette réforme et son appropriation par l’ensemble des acteurs concernés.

Amar Malki

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