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Ghaza : 100 enfants assassinés depuis le cessez-le-feu

Au moins 100 enfants palestiniens ont été tués par les forces d’occupation sionistes depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre dernier à Ghaza, soit environ un enfant assassiné chaque jour, a annoncé mardi l’Unicef. Parallèlement, 21 déplacés, dont 18 enfants, sont morts de froid dans les camps de déplacement forcé, tandis que les Nations Unies recensent près de 95.000 cas de malnutrition aiguë en 2025. 

Depuis Ghaza, le porte-parole du Fonds des Nations Unies pour l’enfance, James Elder, a livré mardi un réquisitoire accablant lors d’une visioconférence de presse à Genève. Plus de 100 enfants ont été tués à Ghaza depuis le cessez-le-feu début octobre, a-t-il déclaré, précisant que cela représente environ un enfant tué chaque jour pendant cette période supposée pacifiée. Selon l’Unicef, ces 60 garçons et 40 filles ont été tués par des frappes aériennes, des drones kamikazes, des tirs de chars et des balles réelles, le nombre réel étant probablement plus élevé. Un responsable du ministère de la Santé de Ghaza, Zaher Al-Wahidi, directeur du département informatique, avance un bilan encore plus dramatique avec 165 enfants tués depuis le cessez-le-feu sur un total de 442 décès, auxquels s’ajoutent sept enfants morts d’hypothermie depuis le début de l’année. Le porte-parole de l’Unicef n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’hypocrisie de la situation. Un cessez-le-feu qui ralentit les bombardements est un progrès, mais un cessez-le-feu qui continue d’ensevelir des enfants est insuffisant, a martelé James Elder, estimant que ce que le monde appelle aujourd’hui le calme serait considéré comme une crise ailleurs. Les enfants de Ghaza vivent toujours dans la peur, a-t-il poursuivi, soulignant que les traumatismes psychologiques restent non soignés et, plus cela dure, plus ils s’aggravent et deviennent difficiles à guérir. La vie reste suffocante et la survie précaire pour ces enfants dont l’enfance a été confisquée par l’occupation. James Elder a également dénoncé la décision prise le premier janvier par l’entité sioniste de suspendre l’accès à la bande de Ghaza à 37 organisations humanitaires étrangères qui avaient refusé de communiquer aux autorités d’occupation la liste de leurs employés. Bloquer les ONG internationales, bloquer toute aide humanitaire, c’est bloquer une aide vitale, a-t-il affirmé. Lorsque des ONG clés sont interdites de fournir une aide humanitaire et de témoigner, et que des journalistes étrangers sont bloqués, on peut légitimement se demander si l’objectif n’est pas de restreindre l’examen des souffrances des enfants, a-t-il ajouté, pointant une stratégie délibérée d’occultation des crimes de guerre commis.

La situation humanitaire s’est dramatiquement aggravée avec l’arrivée d’une dépression polaire qui transforme les camps de déplacés en mouroirs à ciel ouvert. Les autorités sanitaires de Ghaza ont annoncé que 21 déplacés, dont 18 enfants, sont tombés en martyrs à cause du froid intense dans les camps de déplacement forcé. Près de 127.000 tentes sur un total de 135.000 sont devenues inhabitables, avec une pénurie aiguë de couvertures, de matelas et de moyens de chauffage. Le taux de pénurie en couvertures et moyens de chauffage dépasse 70 pour cent à l’échelle de la bande de Ghaza, atteignant des niveaux encore plus alarmants dans les zones reculées.

Cette catastrophe humanitaire n’est pas le fruit du hasard mais résulte d’une politique délibérée. L’occupation sioniste a pris pour cible de manière répétée les centres d’hébergement et de distribution de l’aide humanitaire, bombardant 303 centres d’accueil et 61 centres de distribution alimentaire depuis le début de l’agression. Cette stratégie a privé la majorité des familles déplacées de moyens de chauffage et de couvertures, contraignant les enfants, les femmes et les personnes âgées à dormir à même le sol, à l’intérieur de tentes ne protégeant ni du vent ni de la pluie.   Les Nations Unies ont indiqué que la situation humanitaire dans la bande de Ghaza demeure critique, les conditions météorologiques extrêmes compromettant les progrès réalisés par l’aide humanitaire. Le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, Stéphane Dujarric, a précisé que les partenaires en charge de la lutte contre la malnutrition ont examiné plus de 76.000 enfants le mois dernier et identifié environ 4.900 cas de malnutrition aiguë, dont plus de 820 cas de malnutrition aiguë sévère. Le nombre total de cas de malnutrition aiguë recensés en 2025 s’élève ainsi à près de 95.000. Au moins 1,1 million de personnes ont toujours besoin d’une aide urgente, les pluies torrentielles continuant d’endommager et de détruire de nombreux abris existants. Le bilan global de l’agression génocidaire sioniste s’élève désormais à 71.424 martyrs et 171.324 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023.

Lyes Saïdi

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