Culture

Festival « Un état du monde » : Une sélection de films racontent la Palestine

La 16e édition du Festival « Un état du monde », qui se déroulera du 21 au 25 janvier à Paris, placera cette année la Palestine au centre de sa programmation dans le contexte de l’agression génocidaire sioniste contre Ghaza. Organisé par le Forum des images, cet événement cinématographique propose un focus consacré aux voix et aux récits palestiniens à travers cinq œuvres, dont certaines seront diffusées en avant-première ou présentées pour la première fois au public français. Chaque projection sera accompagnée de rencontres et de discussions avec les réalisateurs, artistes, chercheurs et critiques, offrant ainsi une approche pluridisciplinaire de la question palestinienne. L’ouverture de cette série palestinienne, prévue jeudi 22 janvier à 19h30, accueillera Rasheed Abueideh, artiste et créateur de jeux vidéo. Ce dernier a développé « Liyla and the Shadows of War », un jeu inspiré des événements de la guerre de Ghaza de 2014. L’œuvre suit un père de famille palestinien dans sa tentative désespérée de protéger sa fille, illustrant l’horreur quotidienne de la guerre à travers le prisme du jeu vidéo. Le public aura l’opportunité de découvrir le jeu lors d’une session interactive avant la projection du documentaire « Still Playing », qui retrace la création de cette œuvre en Cisjordanie occupée et dresse le portrait de son auteur. Mohamed Mesbah, réalisateur du documentaire, engagera une discussion avec Rasheed Abueideh à l’issue de la séance, permettant d’approfondir les liens entre création artistique et résistance culturelle.

Le vendredi 23 janvier à 20h30, une avant-première marquera la soirée avec la présentation de « Ce qu’il reste de nous » de Cherien Dabis, dont la sortie en salles françaises est programmée pour le 11 mars prochain. Cette saga familiale ambitieuse retrace l’histoire de la colonisation sioniste de la Palestine à travers le prisme d’une famille palestinienne ordinaire, offrant ainsi une perspective intimiste sur un processus historique complexe et douloureux. Les deux dernières séances du festival seront consacrées à l’œuvre de Nicolas Wadimoff, cinéaste suisse qui propose un regard à la fois poétique et philosophique sur le temps, la fragilité des civilisations et la puissance des récits. Son film « L’Apollon de Gaza » mène une enquête fascinante autour d’une statue d’Apollon datant de l’Antiquité, découverte au large de Ghaza avant de disparaître dans des circonstances mystérieuses. Cette œuvre interroge la mémoire et le patrimoine dans une terre meurtrie. Son second film présenté, « Qui vit encore », donne la parole à neuf Palestiniens réfugiés de Ghaza en Afrique du Sud : Jawdat Khoudari, Mahmoud Jouda, Adel Al Taweel, Haneen Harara, Malak Khadra, Hanaa Eleiwa, Firaz Elshrafi, Eman Shanan et Ghada Alabadla. Leurs témoignages, récits de vie et réflexions composent une mosaïque humaine qui transcende la distance géographique pour maintenir vivante la mémoire palestinienne.

Ces projections seront suivies d’un débat enrichi par la présence de Nicolas Wadimoff aux côtés d’Adel Al Taweel, artiste plasticien et protagoniste du film « L’Apollon de Gaza », ainsi que de Catherine Coquio, enseignante-chercheuse, autrice et critique. Cette rencontre permettra d’approfondir les questions soulevées par ces œuvres et d’explorer la manière dont le cinéma devient un outil de résistance et de préservation de la mémoire collective palestinienne.

M.S.

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