Ciné-parcours Bejaia : Sous le signe de la mémoire et de la transmission
La Maison de la culture de Bejaia a accueilli jeudi soir l’ouverture de « Ciné-parcours Bejaia », une manifestation dédiée au septième art qui rend hommage au cinéaste Chérif Aggoune, pionnier du cinéma amazigh disparu en 2019. Placée sous le thème « Mémoire et transmission », cette édition se poursuivra jusqu’au samedi 17 janvier avec un programme riche en projections, conférences et rencontres autour du cinéma. La cérémonie inaugurale s’est tenue au sein de l’atelier Cinéma de l’établissement culturel, rebaptisé pour l’occasion au nom du réalisateur défunt. Acteurs, cinéphiles et proches de Chérif Aggoune se sont réunis pour célébrer la mémoire de cet artiste. Selon Hakim Abdelfettah, l’un des organisateurs de la manifestation, cet espace sera désormais consacré exclusivement à la formation cinématographique. Le court-métrage « Taggara n Lejnun » (La fin des djinns), réalisé en 1990 par Chérif Aggoune, a marqué cette soirée d’ouverture, permettant au public de redécouvrir l’œuvre de ce créateur engagé.
Les interventions qui ont suivi la projection ont mis en lumière la personnalité d’un homme animé par une passion dévorante pour le cinéma. Au-delà de « Taggara n Lejnun », Chérif Aggoune a enrichi le patrimoine cinématographique algérien avec son premier long métrage « L’héroïne », sorti en 2013. Les témoignages ont souligné son rôle précurseur dans le développement du cinéma d’expression amazighe.
Le programme des trois journées a été dense et varié. Vendredi matin, un forum estudiantin intitulé « Penser, partager et faire vivre le cinéma à l’université » a réuni les animateurs de ciné-clubs de plusieurs universités et écoles du pays, offrant une plateforme d’échange sur la place du septième art dans l’espace universitaire. Cette rencontre a été suivie d’une série de projections de courts-métrages, notamment « La nuit d’Abed » d’Anis Djaad, « Le drapeau » d’Ahmed Aggoune, « Boualem a tout entendu » d’Aziz Boukerouni et Khaled Bounab, ainsi que « Je te promets » de Mohamed Yargui.
Le volet académique de la manifestation comprend deux conférences majeures. Latifa Lafer, experte en sociologie du cinéma, a proposé une réflexion sur l’œuvre et l’héritage de Chérif Aggoune. Samedi, Fayçal Sahbi, enseignant à l’Institut supérieur de cinéma, a animé une conférence intitulée « Le court-métrage en Algérie : Création, programmation et politiques culturelles », abordant les enjeux contemporains de ce format cinématographique dans le paysage culturel algérien. La manifestation s’est devait se clôturer par la projection du documentaire « Le citoyen Pierre Chaulet », concluant ainsi trois journées consacrées à la mémoire, à la création et à la transmission cinématographiques à Bejaia.
Mohand S.

