Culture

Nouvelle carte culturelle : Une nouvelle gouvernance pour les institutions culturelles

La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a lancé dimanche à Alger un cycle national de rencontres d’évaluation visant à transformer radicalement la gouvernance des institutions culturelles. Face aux directeurs de la culture des wilayas, elle a appelé à abandonner la logique purement administrative au profit d’un management basé sur la performance, la rentabilité et l’innovation, dans un contexte marqué par la recomposition territoriale du pays et les défis de la transition numérique.

Réunis au palais de la culture Moufdi-Zakaria pour la première étape d’un processus national, les directeurs de la culture des wilayas et les responsables des établissements culturels sous tutelle ont assisté à un discours inaugural sans détour. Malika Bendouda y a esquissé les contours d’une mutation profonde du secteur culturel, confronté à des défis multiples qui exigent une rupture avec les pratiques traditionnelles. La ministre a d’emblée souligné le bouleversement en cours de la carte culturelle nationale. « L’Algérie a connu récemment la création de nouvelles wilayas, ce qui entraînera un changement dans la carte culturelle », a-t-elle déclaré, insistant sur la nécessité d’adapter les pratiques culturelles à « de nouveaux principes de gouvernance régis par la rentabilité, l’efficacité et la capacité à mener des activités fondées sur une conception et une vision permettant au secteur de la culture de devenir productif ».

Ce redéploiement territorial s’accompagne d’exigences accrues en matière de coordination. La ministre a appelé à « intensifier le travail sectoriel et la coordination entre les institutions à l’échelle d’une même wilaya ainsi qu’entre les wilayas », soulignant la nécessité « d’une coordination et d’une harmonie entre les différents responsables aux niveaux local, régional et central ». Une harmonisation d’autant plus cruciale que le pays doit désormais jongler avec une mosaïque de territoires culturels « homogènes et diversifiés » qu’il faut faire dialoguer. Mais le défi majeur réside dans la transformation même du modèle de gestion culturelle. Après avoir rappelé que l’État algérien a massivement investi dans la construction d’infrastructures culturelles – maisons de la culture, bibliothèques, théâtres, restauration du patrimoine – Malika Bendouda a exhorté les responsables à « renforcer l’esprit d’initiative et d’innovation ainsi que l’esprit de renouvellement et de créativité dans les événements et activités culturels ». Un appel qui traduit la volonté de passer d’une logique d’équipement à une logique d’animation et de production culturelle.

La ministre a également insisté sur la nécessité d’« un encadrement différent du projet culturel », marquant ainsi la fin d’une ère où la simple gestion administrative suffisait. « Les performances seront désormais évaluées sur la base de la concrétisation de cette harmonie », a-t-elle averti, précisant que cette évaluation « sera fondée sur des indicateurs de performance, sur le degré de réalisation des objectifs, sur l’efficience et la rentabilité ».

Cette exigence de rentabilité et d’efficacité s’inscrit dans un contexte plus large de transformation numérique du secteur culturel. À l’heure où les pratiques culturelles se dématérialisent et où le public accède aux contenus culturels par des canaux numériques, les institutions culturelles algériennes doivent repenser leurs modes d’intervention et leurs offres pour rester pertinentes et attractives.

La rencontre a donné lieu à l’organisation d’ateliers thématiques dans les domaines du patrimoine, du livre et d’autres secteurs culturels, ainsi qu’à des interventions de directeurs de la culture et de responsables d’établissements culturels présentant leurs programmes. Ces échanges ont permis d’identifier les obstacles à la mise en œuvre de cette nouvelle vision et d’esquisser des solutions adaptées aux réalités locales, tout en maintenant une cohérence nationale dans l’action culturelle.

Mohand Seghir

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