Recensement hivernal des oiseaux migrateurs à Nâama : Un baromètre de la biodiversité
La Conservation des forêts de la wilaya de Nâama a lancé mardi l’opération annuelle de recensement hivernal des oiseaux d’eau migrateurs pour l’année 2026, une initiative scientifique cruciale qui se poursuivra jusqu’à jeudi et mobilise l’ensemble des acteurs environnementaux de la région.
Cette campagne, qui s’inscrit dans un programme national de suivi de la biodiversité, révèle déjà des résultats encourageants quant à la santé des écosystèmes aquatiques locaux. L’opération est supervisée par les cadres et agents de la Conservation des forêts, en coordination avec le Réseau national des observateurs algériens des oiseaux, des spécialistes universitaires, ainsi que plusieurs acteurs associatifs intéressés par ce domaine. Tous les moyens nécessaires ont été mobilisés pour garantir le succès de cette campagne, comme l’a souligné à l’APS Ali Gouassem, président de la commission de recensement des oiseaux d’eau, précisant que le dénombrement a démarré à partir de la zone humide de Rodassa, située entre les communes de Mecheria et Labiodh, et s’étendant sur une superficie estimée à 18 hectares. Le recensement concerne également d’autres zones humides stratégiques, dont le bassin de Daïra dans la commune d’Aïn Benkhelil, ainsi que le lac continental d’Aïn Ouarka dans la commune d’Assela. Les premières observations révèlent une présence appréciable de canards colverts, de sarcelles d’hiver et de spatules blanches. D’autres espèces d’oiseaux d’eau ont également été recensées, parmi lesquelles le héron, le grèbe huppé et le grèbe castagneux, en plus de certaines espèces de rapaces telles que le faucon crécerelle et le milan noir.
Les conditions climatiques favorables de cette année semblent avoir créé un environnement propice à l’accueil des populations aviaires. Gharbi Miloud, chef du bureau de la valorisation et de la promotion des espèces végétales et animales à la Conservation des forêts de la wilaya, a confirmé, pour sa part à l’APS, qu’un net regain du nombre d’oiseaux migrateurs, ainsi qu’une diversité accrue des espèces ont été observés au niveau des zones humides, des barrages, des marécages et des retenues d’eau de la wilaya, suite aux importantes précipitations pluviales et aux chutes de neige sur les hauteurs qu’a connues la région. Cette opération de recensement dépasse largement le simple exercice de comptage. Elle vise à collecter des données précises sur le nombre d’oiseaux migrateurs, leur état sanitaire et leur répartition par rapport aux années précédentes, tout en renforçant la sensibilisation environnementale à l’importance de la protection des zones humides, qui constituent un refuge sûr pour ces oiseaux. Ces données scientifiques permettent aux spécialistes d’évaluer l’évolution des populations aviaires, d’identifier les espèces en déclin ou en expansion, et de mesurer l’impact des politiques de conservation mises en œuvre.
Les zones humides jouent un rôle écologique fondamental en servant de halte migratoire pour des milliers d’oiseaux qui parcourent chaque année des milliers de kilomètres entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne. Leur préservation constitue donc un enjeu international de biodiversité, l’Algérie se situant sur l’un des principaux couloirs de migration du bassin méditerranéen.
Consciente de cette responsabilité, la Conservation des forêts a programmé plusieurs activités de sensibilisation et de prise de conscience au profit des élèves des établissements scolaires et des étudiants universitaires, en plus de l’organisation de sorties et d’expositions à caractère environnemental, à l’occasion de la Journée mondiale des zones humides, célébrée le 2 février de chaque année. Ces initiatives pédagogiques visent à ancrer dans les jeunes générations la conscience de la valeur patrimoniale de ces écosystèmes fragiles et la nécessité de leur protection à long terme. Le recensement hivernal de Nâama s’inscrit dans une démarche nationale coordonnée qui permet à l’Algérie de contribuer aux programmes internationaux de suivi des populations d’oiseaux migrateurs et de remplir ses engagements en matière de conventions internationales sur la protection de la biodiversité.
R.R.

