Souveraineté numérique : L’Algérie accélère sa mue digitale jusqu’au dernier kilomètre
À l’heure où le numérique conditionne la compétitivité des nations, l’Algérie engage une nouvelle étape décisive de sa transformation digitale. Le ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki, a dans ce sens réuni lundi les responsables locaux du secteur pour dresser le bilan de 2025 et tracer la feuille de route de 2026. Objectif affiché : faire du très haut débit, des services postaux modernisés et de la souveraineté numérique des piliers concrets du quotidien des citoyens, du nord au sud du pays. Selon un communiqué du ministère, relayé par l’APS, cette rencontre de coordination a permis de fixer les priorités d’une phase qualifiée de « structurelle ». Le plan d’action pour 2026 « prévoit une transformation structurelle axée sur la modernisation, la souveraineté numérique, l’accélération de la généralisation du très haut débit, l’extension du déploiement de la technologie de la fibre optique pour une couverture de tout le territoire national début 2027 et la modernisation des infrastructures ». Derrière cette ambition, un enjeu central : réduire définitivement la fracture numérique territoriale et garantir l’égalité d’accès aux services. Le virage ne concerne pas seulement les télécommunications. Le secteur postal est également appelé à jouer un rôle clé dans l’inclusion économique. Le communiqué précise que le plan repose aussi sur « la modernisation des services financiers postaux, à travers l’augmentation du nombre de distributeurs automatiques dans les zones à forte densité de population, l’amélioration de la performance du réseau pour étendre l’accès aux services et garantir leur qualité, et le renforcement de l’inclusion financière, à travers la diversification des produits et des moyens de paiement électronique ». Cette nouvelle étape s’appuie sur des acquis jugés structurants en 2025. Le ministre a rappelé « la généralisation de la technologie de la fibre optique jusqu’au domicile (FTTH), le lancement officiel de la 5G, l’amélioration de la couverture dans les zones à faible densité de population et le renforcement de l’infrastructure des télécommunications spatiales et de la connexion internationale, à travers les projets de câbles sous-marins ». Autant de chantiers qui positionnent l’Algérie dans la dynamique mondiale des économies connectées.
Parmi les autres avancées, M. Zerrouki a cité « l’amélioration des services financiers postaux, la généralisation des moyens de paiement électronique, le renforcement de l’inclusion financière et la modernisation de l’activité du courrier express pour soutenir le commerce électronique et protéger les droits des clients ». Une orientation qui traduit la volonté d’arrimer le service public postal aux mutations des usages et de l’économie numérique.
Au-delà des infrastructures, c’est une vision qui se dessine : faire du numérique un levier de souveraineté, de cohésion territoriale et de croissance. En plaçant la fibre, la 5G et les services postaux modernisés au cœur de l’action publique, les autorités entendent faire de la connectivité un droit effectif, et le digital un moteur de développement national.
Samir Benisid

