L’entité sioniste démolit le siège de l’UNRWA à Al-Qods occupée : L’ONU dénonce une violation flagrante du droit international
Les forces d’occupation sionistes ont procédé mardi à la démolition du siège de l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à Al-Qods-Est occupé, provoquant une vague de condamnations internationales. Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a dénoncé avec la plus grande fermeté cette destruction qu’il qualifie de violation caractérisée du droit international, tandis que le chef de l’UNRWA Philippe Lazzarini y voit une « attaque sans précédent » contre les Nations unies dont les locaux bénéficient pourtant d’une protection juridique inviolable.
Cette démolition du complexe de Sheikh Jarrah représente, selon Philippe Lazzarini, « un nouveau niveau de mépris ouvert et délibéré du droit international, y compris des privilèges et immunités des Nations unies » de la part de l’entité sioniste. Dans une déclaration publiée sur les réseaux sociaux, le responsable de l’agence onusienne a mis en garde contre les conséquences de cet acte qui pourrait créer un précédent dangereux. La même chose pourrait arriver à toute autre organisation internationale ou mission diplomatique, « que ce soit dans le Territoire palestinien occupé ou ailleurs dans le monde », a-t-il averti, soulignant que « cela doit servir d’avertissement » à la communauté internationale. Le secrétaire général des Nations unies a exprimé sa condamnation la plus ferme dans un communiqué diffusé par son porte-parole adjoint Farhan Haq. Antonio Guterres a réaffirmé avec force que « le complexe de Sheikh Jarrah demeure un lieu des Nations unies, inviolable et à l’abri de toute forme d’ingérence », rappelant ainsi les principes fondamentaux du droit international que l’occupation sioniste foule délibérément aux pieds. Le chef de l’ONU a exhorté les autorités d’occupation à cesser immédiatement la démolition du complexe et à le restituer sans délai, ainsi que les autres locaux de l’UNRWA, aux Nations unies. Dans son communiqué, le secrétaire général de l’ONU a qualifié de « totalement inacceptables » les actions d’escalade continues contre l’UNRWA, les jugeant incompatibles avec les obligations claires de l’entité sioniste en vertu du droit international, notamment la Charte des Nations unies et la Convention sur les privilèges et immunités des Nations unies. Cette prise de position ferme témoigne de la gravité exceptionnelle de la situation et du franchissement d’une ligne rouge par l’occupation dans son offensive contre les institutions onusiennes. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a également exprimé son « indignation » face à cet acte qui marque une escalade dangereuse des tensions entre les autorités sionistes et l’UNRWA. Sa porte-parole, Ravina Shamdasani, a replacé cette démolition dans un contexte plus large d’agressions systématiques. « Cela s’ajoute à ce que nous constatons depuis un certain temps : des attaques contre les organisations humanitaires et les acteurs des Nations unies qui tentent d’apporter de l’aide », a-t-elle déclaré, soulignant ainsi le caractère systémique de cette campagne contre l’aide humanitaire destinée aux Palestiniens. Cette démolition s’inscrit dans une série d’agressions visant l’UNRWA ces dernières semaines. Le 14 janvier dernier, les forces d’occupation sionistes avaient déjà pénétré dans un centre de santé de l’agence à Al-Qods-Est et avaient ordonné sa fermeture immédiate. Dans les semaines à venir, les approvisionnements en eau et en électricité des installations de l’UNRWA devraient être coupés, y compris pour les bâtiments utilisés pour les soins de santé et l’éducation, privant ainsi des milliers de Palestiniens de services essentiels. Philippe Lazzarini a dénoncé ces mesures comme étant « une conséquence directe de la législation adoptée par le Parlement » de l’entité sioniste « en décembre, qui a renforcé les lois anti-UNRWA existantes adoptées en 2024 ».
Le chef de l’UNRWA a également révélé que les locaux de l’agence avaient été la cible de pyromanes dans le cadre d’une « campagne de désinformation à grande échelle » menée par l’entité sioniste. Ces actes d’intimidation et de destruction visent manifestement à paralyser l’action de la seule organisation mandatée par les Nations unies pour venir en aide aux réfugiés palestiniens, dans un contexte où leurs besoins humanitaires n’ont jamais été aussi criants.
Cette démolition intervient en violation directe d’une décision rendue en octobre dernier par la Cour internationale de Justice, la plus haute juridiction des Nations unies. La CIJ avait pourtant réaffirmé que l’entité sioniste était tenue « de faciliter les opérations de l’UNRWA, et non de les entraver ou de les empêcher ». La Cour avait également souligné avec force que l’occupation « n’avait aucune compétence sur Al-Qods-Est », rappelant ainsi le statut de ville occupée d’El Qods au regard du droit international. Philippe Lazzarini a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences de cette impunité persistante : « Le droit international est de plus en plus bafoué depuis trop longtemps et risque de perdre toute pertinence en l’absence de réaction des États membres ».
Parallèlement à cette offensive contre les institutions onusiennes, l’occupation sioniste poursuit ses agressions meurtrières sur le terrain. Mercredi, au moins onze civils palestiniens sont tombés en martyrs suite aux tirs et bombardements des forces d’occupation dans plusieurs zones de la bande de Ghaza, dont trois journalistes tués lors d’un bombardement de leur bureau dans le centre de l’enclave. Parmi les victimes figure notamment Sarhan Al-Radjoudi, un enfant de dix ans tombé en martyr sous les balles de l’occupation à l’est de Deir al-Balah. Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, sept civils ont péri dans le centre de la bande de Ghaza, deux dans le sud et deux dans le nord.
Depuis le prétendu cessez-le-feu d’octobre dernier, pas moins de 1.820 civils ont été tués ou blessés dans 1.300 violations de l’accord par l’occupation, témoignant du caractère illusoire de toute trêve avec l’entité sioniste. L’agression génocidaire contre la bande de Ghaza a fait au moins 71.551 martyrs et 171.372 blessés, en majorité des femmes et des enfants, depuis le 7 octobre 2023, selon le dernier bilan provisoire des autorités sanitaires palestiniennes. L’occupation sioniste multiplie également les agressions contre les pays voisins. Mardi soir, l’armée d’occupation a mené une attaque à la roquette contre la localité d’al-Rafid, située dans la zone rurale du gouvernorat de Quneitra, dans le sud de la Syrie. Selon la télévision d’État syrienne, plusieurs tirs de roquettes ont ciblé cette localité, s’ajoutant aux plus de 1.000 frappes aériennes et 400 attaques terrestres menées contre la Syrie entre le 8 décembre 2024 et le 18 septembre 2025, selon les déclarations du président syrien Ahmed al-Charaa.
Lyes Saïdi

