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La CAF sanctionne lourdement l’Algérie : Une instance qui se discrédite !

Le Jury disciplinaire de la Confédération africaine de football a prononcé une série de sanctions sévères à l’encontre de l’équipe nationale de football et de la Fédération algérienne de football suite aux incidents survenus lors du quart de finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 face au Nigéria, le 10 janvier dernier. Un match perdu par les Verts sur le score de 0-2. Dans un communiqué officiel publié mercredi, la FAF a informé le grand public des décisions rendues par l’instance continentale. Sur le plan individuel, le gardien de but Luca Zidane écope de deux matchs de suspension applicables aux rencontres des éliminatoires de la CAN 2027. Le défenseur Rafik Belghali se voit infliger une sanction plus importante avec quatre matchs de suspension, dont deux avec sursis, également applicables aux prochaines éliminatoires continentales. 

Mais c’est sur le plan financier que le coup est le plus dur. La Fédération algérienne de football devra s’acquitter d’une amende totale de près de 100 000 dollars. Cette somme se décompose en plusieurs amendes distinctes énumérées dans le communiqué de la FAF. L’instance fédérale devra payer 5 000 dollars « pour conduite incorrecte de l’équipe nationale, suite à l’avertissement de cinq joueurs (cartons jaunes) au cours du match, en violation de l’article 130 (a) du Code disciplinaire de la CAF ». Une amende beaucoup plus lourde de 25 000 dollars a été prononcée « en raison du comportement inapproprié de certains joueurs et officiels à l’issue de la rencontre, ayant jeté le discrédit sur le match, en violation des articles 82 et 83 du Code disciplinaire de la CAF ».

Les supporters algériens ne sont pas épargnés par ces sanctions. La FAF devra s’acquitter de 5 000 dollars « pour l’utilisation de fumigènes par ses supporters » et d’une somme identique « pour jets d’objets par ses supporters ». Une amende de 10 000 dollars a été infligée « pour non-respect des mesures de sécurité, en raison du comportement de ses supporters ayant tenté de forcer les barrières de sécurité ». La sanction la plus lourde, d’un montant de 50 000 dollars, concerne des « gestes offensants et abusifs (affichage de billets de banque) commis par ses supporters à l’encontre des arbitres de la rencontre ».

Ces sanctions soulèvent néanmoins de nombreuses interrogations quant à l’équité du traitement réservé par la CAF aux incidents de cette rencontre. Si l’instance continentale n’a pas hésité à sanctionner lourdement l’Algérie, elle passe sous silence les véritables causes des débordements survenus en fin de match. L’arbitrage de l’officiel sénégalais Issa Sy, largement contesté pendant et après la rencontre, n’a fait l’objet d’aucune remise en cause de la part de la CAF, alors même que ses décisions partiales ont alimenté la frustration et la colère des joueurs algériens et de leurs supporters.

Le plus grave dans ce verdict réside dans l’amende infligée pour les cartons jaunes distribués lors du match. Sanctionner la FAF à hauteur de 5 000 dollars pour les cinq avertissements reçus par les joueurs algériens revient à légitimer une avalanche de cartons jaunes infligés sans justification. Cette sanction administrative transforme un arbitrage biaisé en faute imputable à l’équipe sanctionnée, alors que ces cartons étaient précisément le résultat d’une direction de match totalement assumée et orientée. En refusant d’interroger la performance arbitrale d’Issa Sy, la CAF cautionne de facto ses décisions et se discrédite auprès des observateurs qui ont unanimement dénoncé son arbitrage lors de ce tournoi.

Cette approche à sens unique de la discipline sportive pose la question de l’impartialité de l’instance continentale. Comment expliquer que les débordements soient sanctionnés sans jamais s’interroger sur les éléments déclencheurs, en l’occurrence un arbitrage qui a privé l’Algérie de plusieurs occasions légitimes et favorisé systématiquement l’adversaire nigérian ?  Face à l’injustice, la Fédération algérienne de football ne compte pas en rester là. Dans son communiqué, l’instance dirigée par Walid Sadi a annoncé avoir « immédiatement engagé la procédure de recours prévue par les règlements en vigueur afin de contester ces sanctions ». La FAF précise qu’elle « suivra avec la plus grande attention l’évolution de ce dossier et réaffirme sa détermination à défendre les intérêts du football algérien, dans le strict respect des voies réglementaires et institutionnelles ». Rappelons dans ce contexte que la FAF a engagé un bras de fer avec la CAF, et  a déposé une plainte officielle auprès de la l’instance  et de la Fédération internationale de football (FIFA) contre l’arbitrage du dernier match de l’Algérie lors de la Coupe d’Afrique des nations 2025, accompagnée d’une demande d’ouverture d’une enquête et de prise des mesures nécessaires conformément aux règlements en vigueur.

Moncef Dahleb

admin

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