Avec un apport de 1.480 MW d’électricité renouvelable : 9 centrales solaires réceptionnées en 2026
À l’heure où la transition énergétique redessine les équilibres économiques mondiaux, l’Algérie accélère sa mue. Dès l’été prochain, neuf centrales photovoltaïques entreront en service, portant la capacité nationale issue du solaire à près de 1 480 MW. En ajoutant la montée en puissance des infrastructures existantes, le pays vise rapidement le seuil symbolique des 2 000 MW d’électricité propre, un basculement qui pourrait hisser l’Algérie au rang de troisième producteur africain d’énergie renouvelable.
Le directeur de l’information et de la communication au ministère de l’Énergie et des Énergies renouvelables, Khalil Hedna, a révélé mercredi lors de son passage à l’émission « L’invité du matin » sur la Chaîne radio nationale que neuf centrales photovoltaïques seront réceptionnées au cours du mois d’août prochain, avec une capacité de production atteignant 1480 mégawatts par heure. Deux d’entre elles, situées à Laghouat dans la wilaya de Biskra et à Tendla dans la wilaya d’El Meghaier, entreront en service dès la fin du mois de janvier en cours, avec une capacité productive de 200 mégawatts chacune.
Ces nouvelles installations viendront rejoindre les centrales existantes de production d’énergie propre, à l’instar de la centrale solaire de Ghar Djebilet et de la centrale éolienne d’Adrar. Selon Hedna, cette dynamique s’inscrit dans une vision stratégique de l’État qui repose sur la transition vers une énergie durable, en s’appuyant sur un mix énergétique combinant énergies fossiles et énergies renouvelables propres.
La stratégie nationale de transition énergétique prévoit que la première phase du « projet du siècle » permettra de produire 3200 mégawatts d’énergies renouvelables, avec l’entrée en service des neuf centrales au cours de l’année 2026. Le responsable a également indiqué que la stratégie du secteur englobe le raccordement des zones isolées aux systèmes photovoltaïques individuels, ainsi que des solutions innovantes dans le domaine du gaz, notamment le stockage de gaz propane à Bordj Badji Mokhtar et Ain Guezzam.
Au-delà de la production d’énergies renouvelables, le ministère de tutelle s’apprête à réceptionner la centrale à cycle combiné de Djelfa, dotée d’une productivité élevée estimée à 1260 mégawatts, également prévue pour le mois d’août prochain. Cette centrale avait connu un arrêt dans sa réalisation par l’entreprise espagnole Duro Felguera, ce qui avait poussé Sonelgaz à engager un arbitrage international contre la société, qui a perdu le procès et s’est vue infliger une amende de 54,2 millions d’euros.
Exporter de l’énergie propre
L’optimisation de la production énergétique s’accompagne d’une volonté d’accéder aux marchés extérieurs. Khalil Hedna a révélé que l’Algérie produit actuellement environ 27000 mégawatts d’électricité, dont seulement un tiers est consommé au niveau national. Face à cet excédent considérable, le président de la République Abdelmadjid Tebboune a donné des instructions pour pénétrer les marchés étrangers et exporter le surplus. L’Algérie fournit déjà 500 mégawatts à la Tunisie et développe des projets d’exportation d’énergie vers l’Égypte et la Libye via la Tunisie, ainsi qu’un projet d’approvisionnement de l’Italie et de l’Europe en énergie décarbonée via une liaison maritime. Concernant les priorités du secteur, Hedna a souligné que l’amélioration du service public constitue le premier point du programme, aux côtés de l’activation des installations connaissant des retards, de la garantie de la sécurité énergétique au niveau national, puis de l’accès aux marchés extérieurs. Il a précisé que le secteur œuvre à l’extension du réseau de raccordement au gaz naturel pour couvrir différentes régions du pays, indiquant que le taux de raccordement a atteint actuellement environ 75 pour cent au niveau national.
La transformation numérique occupe également une place centrale dans la stratégie du ministère. Hedna a considéré que le secteur de l’énergie et des énergies renouvelables est concerné par l’accélération du rythme de numérisation, afin d’améliorer la rentabilité des entreprises et le service public. Plusieurs applications ont été lancées pour le contrôle à distance des réseaux, la notification et la maintenance, en plus d’applications numériques destinées à faciliter le service au citoyen et renforcer la communication avec lui. Le responsable a ajouté que le ministère travaille sur l’élaboration d’un modèle national de consommation énergétique selon les périodes et les régions, dans le but d’exploiter la banque de données pour orienter et cibler les investissements, et mettre en place un programme efficace de rationalisation de la consommation d’énergie. Cette approche globale vise à réduire les coûts de distribution et de raccordement tout en assurant une gestion optimale des ressources énergétiques du pays.
Sabrina Aziouez

