Monde

477 martyrs depuis le cessez-le-feu : L’ONU dénonce la poursuite du carnage à Ghaza 

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme s’est déclaré vendredi « horrifié » par la poursuite des violences dans la bande de Ghaza assiégée, où 477 Palestiniens sont tombés en martyrs depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, tandis que le bilan global de l’agression génocidaire sioniste s’est alourdi à plus de 71.654 martyrs depuis le 7 octobre 2023, selon les autorités sanitaires palestiniennes qui dénoncent une catastrophe humanitaire sans précédent.

Ajith Sunghay, chef du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés, a affirmé sans détour que la crise à Ghaza était loin d’être terminée. Le responsable onusien a souligné que des personnes meurent chaque jour, tant en raison des attaques perpétrées par l’occupation sioniste que des restrictions draconiennes imposées à l’entrée de l’aide humanitaire, en particulier concernant les abris, ce qui entraîne des décès dus au froid glacial et à l’effondrement des bâtiments fragilisés par près de 2 ans de bombardements intensifs. Dernier exemple tragique en date, au moins 11 Palestiniens ont perdu la vie mercredi dans une attaque menée par l’armée d’occupation sioniste, démontrant que la trêve reste largement théorique pour la population de l’enclave assiégée. Selon les données compilées par le bureau du HCDH, les violences se poursuivent dans l’ensemble de la bande côtière, y compris à proximité de la ligne jaune, une zone de séparation tracée unilatéralement par les autorités sionistes à l’intérieur de Ghaza. Le mois dernier, le chef du Haut-Commissariat aux droits de l’homme Volker Türk avait rejeté fermement la notion selon laquelle cette ligne représenterait une frontière légitime, dénonçant une tentative supplémentaire de l’occupation de modifier le statut du territoire palestinien. Entre la date du cessez-le-feu et le 21 janvier, le bureau onusien a recensé au moins 216 morts, parmi lesquels 46 enfants et 28 femmes, notamment lors de frappes de drones sionistes visant des abris de Palestiniens déplacés et des immeubles résidentiels dans différentes zones de l’enclave.

À ces attaques directes s’ajoutent les conséquences dramatiques de conditions humanitaires qualifiées de désastreuses par l’ensemble des organisations internationales présentes sur le terrain. Ces conditions catastrophiques sont responsables notamment de la mort par hypothermie d’au moins 9 enfants palestiniens, victimes du froid hivernal dans des abris de fortune dépourvus de chauffage et de protection adéquate. Philippe Lazzarini, Commissaire général de l’Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, a appelé vendredi à concentrer les efforts internationaux sur le rétablissement d’une vie décente pour les habitants de Ghaza après 2 années d’agression génocidaire. Le responsable de l’UNRWA a décrit une situation apocalyptique aggravée par les conditions climatiques hivernales. Une chute brutale des températures, des vents violents, de fortes pluies et des inondations aggravent les souffrances des habitants de la bande de Ghaza, dont la grande majorité demeure déplacée de force, vivant sous des tentes et dans des bâtiments à moitié construits, a-t-il déclaré dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. Lazzarini a souligné que Ghaza souffre d’une destruction totale, avec 92% des habitations endommagées ou détruites, tandis que des milliers de personnes sont toujours portées disparues et présumées mortes sous les décombres, et que d’énormes quantités de bombes non explosées restent à déminer, constituant une menace permanente pour la population civile.

Le responsable onusien Ajith Sunghay s’est également alarmé des atteintes répétées à la liberté de la presse dans l’enclave assiégée. Des journalistes palestiniens sont tués et les journalistes internationaux sont toujours interdits d’entrée à Ghaza, a-t-il dénoncé, en référence à une frappe sioniste ayant visé récemment un véhicule transportant 3 journalistes palestiniens dans le centre de l’enclave. Ces morts portent à 292 le nombre de journalistes palestiniens tombés en martyrs depuis le 7 octobre 2023, faisant de cette agression l’une des plus meurtrières de l’histoire pour les professionnels des médias. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre dernier, 481 Palestiniens sont tombés en martyrs et 1.313 autres ont été blessés, tandis que les corps de 713 martyrs ont été récupérés des décombres.

En Cisjordanie occupée, la situation n’est guère plus enviable pour la population palestinienne soumise à une violence coloniale croissante. Le Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires a indiqué vendredi que les attaques menées par des colons sionistes ont provoqué le déplacement d’environ 100 familles palestiniennes au cours des 2 dernières semaines. La majorité des familles déplacées appartiennent à la communauté bédouine de Ras Aïn Al-Auja, à l’est du gouvernorat de Jéricho, contraintes de quitter leurs terres ancestrales face à l’intensification des attaques et des menaces perpétrées par les colons, notamment durant la nuit.

Lyes Saïdi

admin

admin

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *