Ghaza : MSF dénonce les pressions de l’occupation sioniste
À Ghaza comme en Cisjordanie occupée, l’étau humanitaire et sécuritaire se resserre dangereusement sur la population palestinienne, tandis que les organisations internationales alertent sur une stratégie délibérée de l’entité sioniste visant à entraver l’aide, réduire au silence les témoins et normaliser la violence.
En l’espace de quelques jours, les dénonciations de Médecins sans frontières (MSF), de l’UNRWA et des forces nationales palestiniennes mettent à nu une escalade des violences sionistes reflétée par une série d’attaques de colons et à un nouveau bilan accablant de l’agression génocidaire contre la bande de Ghaza, qui dépasse désormais les 71 600 martyrs. Depuis le début de l’année 2026, toutes les entrées du personnel international de MSF à Ghaza ont été refusées et l’acheminement de son matériel systématiquement bloqué. Dans un communiqué rendu public à Genève, l’ONG accuse l’entité sioniste de l’avoir « délibérément contrainte à un choix impossible » : transmettre les données sensibles de son personnel ou abandonner des centaines de milliers de Palestiniens privés de soins. MSF estime que ces entraves administratives s’inscrivent dans « une campagne plus large visant à entraver, discréditer et délégitimer l’action humanitaire », alors même que la situation humanitaire est qualifiée de « catastrophique » à Ghaza et en Cisjordanie. Face à la menace d’une suspension forcée de ses activités à compter du 1er mars 2026, l’organisation envisage, à titre exceptionnel, de transmettre une liste de noms, tout en soulignant les risques graves que cette décision fait peser sur ses équipes, dans un contexte où plus de 1 700 travailleurs de santé ont été tués depuis octobre 2023.
Parallèlement, les forces nationales palestiniennes ont appelé, depuis le nord de Ghaza, à un renforcement urgent du rôle de l’UNRWA, pilier vital de l’assistance aux réfugiés. Elles dénoncent ouvertement « les complots orchestrés par l’entité sioniste pour saper l’existence même de l’agence », exhortant à la mobilisation populaire pour défendre ses missions en matière d’aide humanitaire, d’éducation et de santé. Créée en 1949, l’UNRWA demeure la principale bouée de sauvetage de millions de réfugiés palestiniens, aujourd’hui menacée par des pressions politiques et financières croissantes.
En Cisjordanie occupée, la violence des colons sionistes, agissant sous la protection directe des forces de l’occupation, continue de s’intensifier. À El Khalil, plusieurs Palestiniens ont été blessés lors d’attaques visant des agriculteurs sur leurs propres terres, tandis que des routes ont été fermées et des habitations attaquées. Les tentatives de défense des habitants ont été réprimées par des tirs de gaz toxiques de l’armée d’occupation, illustrant une escalade systématique marquée par des incursions, des arrestations arbitraires et un mépris constant du droit international.
À Ghaza, le bilan humain de l’agression sioniste ne cesse de s’alourdir. Selon les autorités sanitaires palestiniennes, 71 657 martyrs et plus de 171 000 blessés ont été recensés depuis le 7 octobre 2023, en majorité des femmes et des enfants. Des centaines de corps demeurent encore sous les décombres, tandis que même la période de cessez-le-feu n’a pas mis fin aux pertes humaines.
Dans ce contexte de guerre contre les civils et la vérité, l’UNRWA a également dénoncé l’interdiction persistante faite aux journalistes internationaux d’entrer à Ghaza. Son commissaire général, Philippe Lazzarini, a rappelé que cette mesure « alimente les campagnes de désinformation » et fait de Ghaza « l’endroit le plus dangereux au monde pour être journaliste », alors que plus de 230 professionnels des médias palestiniens ont été tués.
Face à cette situation, quelques signaux diplomatiques émergent néanmoins. La Belgique a annoncé l’imposition d’un embargo total sur le transit, l’exportation et le transfert d’armes vers l’entité sioniste, interdisant notamment le survol de son espace aérien par des cargaisons militaires destinées à alimenter l’agression contre le peuple palestinien. Une décision saluée par de nombreuses voix comme un pas nécessaire, mais encore insuffisant, face à une tragédie humaine qui se déroule sous les yeux du monde.
Lyes Saïdi

