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Accélération de la colonisation et des projets d’annexion sionistes : Al-Qods lance un cri d’alarme !

Alors que le génocide se poursuit dans la bande de Ghaza avec plus de 71.660 martyrs, l’entité sioniste accélère sa colonisation d’Al-Qods : nouvelles routes de contournement, démolitions massives et violations quotidiennes qui transforment la ville sainte en archipel de ghettos palestiniens isolés.

La machine coloniale sioniste ne connaît aucun répit. Profitant du génocide perpétré contre le peuple palestinien à Ghaza, l’occupation multiplie les projets d’annexion autour d’Al-Qods avec une brutalité assumée. Le gouvernorat d’Al-Qods a lancé lundi un cri d’alarme face à « une dangereuse escalade du rythme des projets coloniaux » visant à boucler l’étranglement de la ville sainte. En ligne de mire : l’approbation imminente du budget pour la construction de la route « 45 », cyniquement baptisée « route du Broyeur », qui dévorera 280 dounoums de terres palestiniennes au nord d’Al-Qods. Dans un communiqué au ton grave, le gouvernorat a dénoncé un projet qui « ne constitue pas un simple développement des infrastructures, mais s’inscrit dans le cadre d’une stratégie coloniale globale visant à renforcer le réseau des colonies et à imposer un contrôle total sur Al-Qods et ses environs ». Cette nouvelle artère reliera les colonies du nord de la ville et de l’est de Ramallah aux axes routiers coloniaux existants, tandis que d’importants fonds sont également alloués au prétendu « développement » de la route coloniale « 437 ». Le message est limpide : il s’agit d’un maillage territorial destiné à faciliter les déplacements des colons tout en fragmentant définitivement l’espace de vie palestinien. Le gouvernorat a souligné une « progression coloniale accélérée, du stade de la planification à celui de l’exécution », profitant sans vergogne de la conjoncture régionale et particulièrement « des répercussions de la guerre génocidaire menée contre le peuple palestinien dans la bande de Ghaza ». Pendant que les regards du monde se détournent, hypnotisés par l’horreur du génocide à Ghaza où le bilan s’est alourdi lundi à 71.660 martyrs et 171.419 blessés selon les autorités sanitaires palestiniennes, l’occupation multiplie les faits accomplis sur le terrain d’Al-Qods. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu du 10 octobre dernier, 486 Palestiniens sont encore tombés en martyrs à Ghaza et 1.341 autres ont été blessés, tandis que 714 corps ont été extraits des décombres.

Les autorités coloniales poursuivent l’application du plan dit de la « Grande Jerusalem », destiné à annexer les colonies aux limites de la municipalité de l’occupation. L’objectif avoué : « isoler Al-Qods de son environnement palestinien et transformer les localités de la ville en îlots fragmentés et enclavés », tout en offrant aux colons « un réseau de routes rapides et sécurisées qui leur est destiné ». Une cartographie de l’apartheid qui redessine la géographie de la ville sainte pour effacer toute continuité territoriale palestinienne.

Sur le terrain, l’escalade prend des formes toujours plus violentes. Lundi soir, les forces d’occupation ont pris d’assaut le camp de Qalandiya, au nord-est d’Al-Qods occupée, tirant des grenades assourdissantes et des bombes lacrymogènes. Plus tôt dans la journée, une vaste agression militaire avait ciblé Kafr Aqab et les abords du camp, sous prétexte de « renforcer le contrôle le long du mur de séparation et d’expansion raciste ». Le gouvernorat d’Al-Qods a précisé que les forces d’occupation ont « pris d’assaut plusieurs immeubles résidentiels » et « procédé à l’évacuation forcée de certains d’entre eux », déployant snipers sur les toits et balcons tout en démolissant des installations palestiniennes. Des engins militaires ont même rasé des sections du mur de l’apartheid à l’extrémité de la rue de l’Aéroport pour permettre l’entrée de dizaines de véhicules militaires, ciblant notamment une parcelle officiellement enregistrée au nom des « Terres de l’aéroport – Trésor du Royaume hachémite de Jordanie ».

Le Liban saisit le Conseil de sécurité

Cette frénésie coloniale à Al-Qods s’inscrit dans une dynamique régionale marquée par l’impunité totale de l’occupation. Au Liban, le ministère des Affaires étrangères a saisi lundi le Conseil de sécurité de l’ONU d’une plainte accompagnée de trois tableaux recensant 2.036 violations sionistes de la souveraineté libanaise entre octobre et décembre 2025 : 542 en octobre, 691 en novembre et 803 en décembre. L’armée d’occupation a d’ailleurs effectué lundi au moins 23 frappes aériennes sur le sud du Liban, ciblant la région montagneuse de Jabbour, la vallée de Wadi Burghuz et la ville de Meidoun, en violation flagrante du cessez-le-feu censé être en vigueur depuis fin novembre 2024. L’entité sioniste demeure déployée en cinq points libanais et poursuit ses attaques contre la Force intérimaire des Nations unies (Finul).

Beyrouth a rappelé que ces actes « constituent une atteinte à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban, ainsi qu’une violation manifeste » de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, exigeant le retrait complet des forces d’occupation « au-delà des frontières internationalement reconnues » et la fin « des menaces contre l’unité territoriale et l’indépendance politique du Liban ». Mais comme à Al-Qods, l’occupation avance masquée derrière les fumées de Ghaza, sachant que le monde regarde ailleurs. Le gouvernorat d’Al-Qods l’a dit clairement : les autorités coloniales « exploitent les différentes circonstances régionales pour accélérer la mise en œuvre de ces plans, ce qui traduit une intensification des violations et des crimes commis à l’encontre d’Al-Qods ». Un constat glaçant qui résume la stratégie coloniale : profiter du chaos pour tenter de graver dans le béton et le bitume l’effacement de la Palestine !

Lyes Saïdi

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